Samedi 8 août, à 23 heures, quelque 7 000 fêtards et des milliers de véhicules ont élu domicile dans une prairie d’Hures-la-Parade, en Lozère, dans le parc national des Cévennes. Et ce malgré l’interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes, liée à la crise sanitaire actuelle. Face à l’étendue des dégâts, Didier Agrinier, le propriétaire du terrain, n’en revient pas. Son pré a été totalement saccagé en l’espace de quatre jours.

« Une insalubrité totale »

« Sur 90 hectares, ils m’en ont souillé 30 », déplore l’exploitant. C’est immonde, une honte ! Je suis père de famille, j’ai deux filles. Je ne comprends pas que des gamines se retrouvent dans un tel bordel, avec des petits de trois ans. »

Une colère partagée par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Dans ce causse de Méjean où se situe le terrain, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, « la faune et la flore sont spécifiques et irremplaçables », souligne-t-elle.

Selon Vincent Bonnet, président de Jeunes Agriculteurs de Lozère, « avec le tassement du sol, la pâture est morte pour cette année et pour les années à venir ». Et Alain Pouget, directeur régional de la Coordination rurale, de s’alarmer de « l’insalubrité totale » de la parcelle. Après plusieurs passages sur le site, il témoigne du « verre pilé et des cannettes cassées » qui parsèment le sol, des excréments, malgré l’installation de sanitaires par la préfète, sans compter les détritus à ciel ouvert.

Plus d’une semaine après la fin de cette rave-party sauvage, le constat est sans appel. « C’est sale, ils ont laissé des canapés, des chaises, des tables… C’est incroyable ! », relate Didier Agrinier. L’agriculteur précise qu’une opération de nettoyage a débuté lundi 17 août, mais qu’il va devoir refaire toutes les clôtures. « Tout est cassé, ça coûte cher, il faut tout racheter. On ne peut pas faire pâturer les brebis et prendre le risque que le lait pour nos fromages soit infecté par les détritus laissés sur place. On se bat bec et ongles pour la région et là, ils saccagent tout. Ça me révolte ! »

Quant à l’avenir, « il faut attendre un an, on verra en 2021 », conclut l’exploitant.

Oriane Dieulot