Fin avril démarraient les travaux de construction d’une aire de jeux et d’un « city stade » à destination des adolescents à Berg-sur-Moselle, en limite de l’élevage de Michel Repplinger. Pourtant, le tribunal de Strasbourg, devant lequel l’agriculteur a porté plainte, n’a pas encore statué sur l’affaire.

« Ce type d’équipement est une source de nuisances, explique-t-il. C’est souvent un lieu de rendez-vous, attirant les jeunes des villages voisins. J’ai des craintes pour la sécurité de mes bâtiments. Ce qui me révolte, c’est l’absence de dialogue avec la municipalité. » L’exploitation de 130 ha comporte deux ateliers viande : l’un de 45 mères charolaises et l’autre de 320 porcs en naisseur-engraisseur.

Un vide juridique

La parcelle d’un hectare, où les travaux vont bon train, a été préemptée par la commune il y a une dizaine d’années. Rien ne s’y passait, jusqu’à l’annonce d’installer une aire de jeux. Par hasard, Michel découvre, stupéfait, qu’un « city stade » est également prévu. L’éleveur propose alors de l’implanter sur une autre parcelle lui appartenant. La municipalité décline et continue sur sa lancée.

Sylvie, l’épouse de Michel, contacte les Bâtiments de France, car un château classé existe de l’autre côté de la rue. Ce qui oblige alors la mairie à demander un permis d’aménager. « Il y a un vide juridique concernant les “city stades”, car c’est du non-bâti, souligne Sylvie. Le service juridique de la chambre d’agriculture a compulsé de nombreux comptes rendus de tribunaux, mais il n’y a pas de jurisprudence en la matière. »

Contactée par téléphone, la maire dit comprendre les inquiétudes de l’agriculteur mais explique que « tout est en règle, que l’ensemble sera clos sur une hauteur de 1,80 m, fermé par un portail et non éclairé. » Aujourd’hui, la demande de suspension des travaux a été déboutée par le tribunal administratif de Strasbourg. Il reste un seul et mince espoir : que le juge statue sur l’invalidité du projet en raison de la proximité avec l’exploitation.

D. Péronne