L’Isère regorge de magasins de producteurs. « Mais seuls 10 % des gens y font leurs courses. Nous nous occupons des 90 % restants », explique Pascal Denolly. Élu à la chambre d’agriculture, il préside le Pôle agroalimentaire, créé il y a trois ans pour rassembler tous les opérateurs agroalimentaires du département. « Notre créneau, ce sont les filières longues de proximité », dit-il.

Le Pôle a lancé en juin 2018 la marque IsHere, gérée collectivement par ses membres, répartis en collèges (agriculteurs, transformateurs, distributeurs, collectivités, chambres consulaires…). Elle valorise des produits agricoles issus de fermes iséroises et des produits fabriqués dans le département à partir de matières premières locales. Une convention avec l’Inao encadre la coexistence de la marque avec les signes officiels de qualité. Moins d’un an après son lancement, celle-ci compte soixante-cinq agriculteurs, groupements de producteurs et artisans agréés. Les produits IsHere vont des fruits aux bières, en passant par la viande, le fromage, l’huile de noix… Une baguette de tradition IsHere été créée par un minotier adhérent du Pôle, avec des blés spécialement allotés.

Coût de production

Outre l’origine, la marque garantit la rémunération du producteur. « Le distributeur ou le transformateur s’engagent à tenir compte des coûts de production, souligne Pascal Denolly. Un cabinet d’audit contrôle si les coûts de production déclarés par l’agriculteur sont cohérents avec ses prix de vente, vérifiés sur les factures. » La garantie de qualité repose sur un socle inspiré des cahiers des charges existants. « Les consommateurs ne veulent pas de surqualité, mais une qualité accessible à tous », ajoute-t-il..

Pour adhérer, un agriculteur ou artisan contactent sa chambre consulaire, qui présente leurs dossiers au comité d’agrément. « En plus de l’utilisation du logo, l’agrément donne accès à du matériel publicitaire et à un appui commercial, par exemple pour des agriculteurs souhaitant travailler directement avec des magasins », explique Nathalie Garçon, responsable développement du Pôle. La mise en relation entre producteurs, transformateurs et distributeurs doit bientôt être facilitée via un site internet.

Bérengère Lafeuille