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Des panneaux photovoltaïques sur les serres, pas sur les terres

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Énergie renouvelables - Des panneaux photovoltaïques sur les serres, pas sur les terres
Benjamin Giraud (à gauche) et Éric Germain produisent depuis cinq ans des fruits rouges sous serre photovoltaïque. © B. Lafeuille/GFA

Le développement du photovoltaïque fait peser une menace supplémentaire sur le foncier agricole.

Une partie de la profession agricole est inquiète. « Alors que le foncier agricole diminue, les agriculteurs sont très sollicités par des entreprises voulant installer des centrales solaires au sol, alerte André Coppard, vice-président de la chambre d’agriculture de l’Isère. La position de la chambre est claire : pas de photovol­taïque sur des terres cultivables. »

> À lire aussi : 2022 devrait être une année record pour les énergies renouvelables (11/05/2022)

«La perte de foncier repart à la hausse»

Le directeur départemental de la Safer, Nicolas Agresti, partage sa crainte : « La perte de foncier agricole, qui avait bien ralenti en quinze ans, repart à la hausse. Et face à une énergie renouvelable dont l’image est positive, les enjeux agricoles sont plus durs à défendre. »

L’ombre d’un projet photovoltaïque risquant d’affecter 10 hectares agricoles à Cessieu plane sur la profession. « S’il fait jurisprudence, il y en aura dix ou quinze par an », prédit Jérôme Crozat, président de la FDSEA.

Contrat de trente ans

La chambre d’agriculture, la Safer et le syndicat avaient convié la presse le 12 mai 2022 sur une exploitation pour défendre une troisième voie, l’agrivoltaïsme. Depuis cinq ans, à Jarcieu, Éric Germain et Benjamin Giraud produisent des fraises et framboises hors sol sous une serre couverte de panneaux solaires. Leur SAS Fruits rouges de la Guillotière n’aurait probablement pas vu le jour sans photovoltaïque.

« Nous avions un projet de serre classique, mais l’investissement était trop élevé, raconte Éric Germain. Puis, nous avons été démarchés par le groupe Reden. Il a financé la construction des deux serres de 10 000 m² sur notre terrain et les met à notre disposition gracieusement pour trente ans. Eux, revendent 100 % de l’énergie produite. »

> À lire aussi : Le gouvernement gèle les tarifs du photovoltaïque (13/05/2022)

Un investissement de 3,5 millions d’euros

L’entretien est à la charge de Reden, qui a déboursé 3,5 millions d’euros pour l’installation d’une capacité de 1,9 MW. Au terme des trente ans, soit les producteurs conservent la centrale, soit Reden prend en charge le recyclage des panneaux et leur remplacement par des vitres classiques.

En attendant, « les panneaux nous protègent des gros coups de chaud en été : nous n’avons pas besoin de blanchir la serre, illustre Éric Germain. En revanche, la plus faible luminosité fait perdre dix à quinze jours de précocité. C’est surtout impactant en novembre et février. Il faut en tenir compte dans le choix et la conduite des cultures. Ainsi, la mâche pousse bien chez nous, mais certaines salades nécessitent davantage de lumière. Il faut aussi adapter la fertilisation. »

Bérengère Lafeuille

Agrivoltaïsme

Il ne suffit pas de quelques moutons dans un champ de panneaux pour parler d’agrivoltaïsme. « La production agricole sert parfois d’alibi à une centrale au sol », dénonce Nicolas Agresti. L’agrivoltaïsme suppose qu’elle reste l’activité principale sur la parcelle et tire des bénéfices de la présence de panneaux solaires.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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