Les produits frais devraient revenir sur les étals des marchés de producteurs d’ici à la fin du mois. Mais les éleveurs périgourdins touchés par la grippe aviaire redoutent une baisse des volumes.

Depuis le début juillet, les marchés de producteurs de pays et festifs battent leur plein dans de nombreuses communes de Dordogne. Les touristes ne boudent pas les produits. Certains semblent avoir oublié l’épisode de la grippe aviaire qui a durement touché la filière foie gras et, en particulier, les petits producteurs qui commercialisent leur production en circuit court.

Daniel Bibié, présent sur le marché gourmand de Périgueux chaque mercredi d’été, fait partie de ceux-là. Il gère avec sa compagne une petite exploitation de 32 ha, à Vergt, avec une production de 1 400 canards prêts à gaver par an. Une petite production d’ovins viande vient la compléter.

Le canard représente les trois quarts du chiffre d’affaires de l’exploitation. « C’est important d’être à Périgueux, sur ce type de marché festif. C’est une bouffée d’oxygène. Les touristes viennent en confiance acheter nos produits et la plupart ne se sentent pas concernés par l’épisode de la grippe aviaire. Nous avons, au final, peu de questions. Ce qui est rassurant. »

L’abattage devrait reprendre entre le 25 juillet et le 14 août. Le retour du foie gras frais sur les étals des marchés périgourdins est attendu d’ici à quinze jours. Mais les producteurs s’attendent à une diminution des volumes, de 20 %, à cause des nouveaux modes de production mis en place pour sécuriser la filière. « Chez moi, cela représente entre 6 000 et 10 000 euros, une somme élevée pour ma petite structure », souligne l’éleveur.

Une baisse de 20 % des volumes attendue

Daniel Bibié est installé depuis trente-trois ans. « Je ne suis pas le plus à plaindre, mais c’est la première fois que je suis contraint de négocier un échelonnement de mes cotisations MSA. Et quand la demande sera plus forte, je crains de manquer de matière première : les mesures exigées par la bio sécurité engendreront une baisse de nos volumes. » Ces mesures devraient aussi générer une hausse des prix, de 20 à 25 %, ce qui inquiète les éleveurs qui redoutent une chute de la consommation.

Claude Hélène Yvard