Sur l’île de Beauté, dans la plaine du Taravo, à Serra-di-Ferro, les vaches de la famille Abbatucci ont un style bien à elles. « Lorsque mon père s’est installé en 1986, il a choisi d’élever des bovins de race corse, de petit gabarit, bien adaptés aux maquis et coteaux escarpés en zone de littoral », raconte Antoine, également aux manettes de l’exploitation familiale.

Au sein de son troupeau fraîchement constitué, Jacques avait hérité de quelques bêtes « tigrées, une souche corse dont les origines remonteraient à la brune de l’Atlas nord-africaine ». En 2006, l’éleveur, qui cherche à se différencier, met sur le devant de la scène la race saïnata, avec le dépôt de la marque Vache Tigre. « C’est à ce moment-là qu’il a acheté et sélectionné exclusivement des vaches tigrées, venant de Corse et de Sardaigne », explique Antoine. Aujourd’hui, le troupeau de 450 bêtes au total se répartit sur près de 400 hectares, en plein air intégral. Les animaux sont complémentés avec des fourrages produits à la ferme. En agriculture biologique depuis vingt et un ans, les exploitants sont autonomes à 100 % pour l’alimentation de leur cheptel.

Abattage et vente à la ferme

Chaque année, près de 250 veaux sont valorisés entre 100 et 120 kg de carcasse. La famille Abbatucci dispose d’un atelier de découpe et d’un magasin de vente à la ferme. Elle commercialise également sa viande dans les restaurants et boucheries à travers toute la France. Pour pallier la crise de la Covid-19, les éleveurs ont mis en place un service de livraison, Chronofresh, à destination des particuliers. « Nous travaillons à flux tendu », souligne Antoine. Il espère impulser une dynamique locale avec d’autres éleveurs bio sous le cahier des charges Vache Tigre. Soucieux du bien-être animal et de l’impact environnemental de leur ferme, les Abbatucci ont monté leur propre outil d’abattage et de transformation, en fonctionnement depuis avril 2021.

Lucie Pouchard

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