Il y a quatre ans, Système U a sollicité les éleveurs de porcs pour monter une filière certifiée « Origine France ». Les éleveurs de porcs bio, adhérents de Cirhyo et d’Agrial, se sont alors regroupés au sein du GIE « Porc bio cœur de France ». Les deux abattoirs, Tradival et Sicaba, y ont participé. Et trois autres groupements de l’ouest de la France se sont associés pour donner naissance aux « Porcs bio de France ».

Producteurs, transformateurs et distributeurs se sont mis autour de la table pour discuter. « Les premières réunions étaient tendues car les abatteurs se voyaient comme des concurrents. Mais ces appréhensions ont été dépassées », témoigne Jean-Marie Mazenc, l’animateur du GIE.

Si tout le monde s’entend bien, c’est que chacun y trouve son compte. Le prix du kilo a été établi « sortie ferme », indexé à 75 % sur le prix de l’aliment, puis chaque intermédiaire a ajouté sa marge. Le prix est analysé chaque trimestre, mais la marge des transformateurs est fixe. « Tous les coûts sont transparents, chacun gagne sa vie, souligne Jean-François Vincent, naisseur-engraisseur de porcs bio à Marçais (Cher). Nous avons gagné 40 cts €/kg par rapport au prix de 2013. » Et les prix aux consommateurs restent dans les niveaux du marché.

Gérer la pénurie

Entre 2013 et 2016, les volumes de porcs bio ont doublé, et aujourd’hui, 250 à 300 porcs bio sont vendus chaque semaine. Face à la demande, il en faudrait 40 de plus. Système U enregistre des ruptures. Leur certification « Origine France » les empêche de se fournir dans d’autres pays, comme leurs concurrents. « Nous communiquons beaucoup pour installer des jeunes ou convertir des élevages conventionnels », ajoute Jean-François Vincent, qui cherche lui-même à transmettre son élevage. Ce travail porte ses fruits : une augmentation du tonnage de 30 % est prévue pour 2018.

Aude Richard