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Broutards : une perte de 150 € par animal

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Romain Hérault a vendu des mâles croisés salers-charolais de qualité à 2,32 € par kg vif, en perdant plus de 0,30 €/kg. © M. Roque Marmeys

Bien qu’appelés à retenir leurs broutards à la ferme,
les éleveurs sont contraints de vendre à des prix insuffisants faute de place et de trésorerie.

Après l’appel lancé par le berceau des races allaitantes du Massif central à retenir les broutards dans les fermes, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, s’est rendu dans le Puy-de-Dôme le 16 octobre. Il a rencontré syndicats et opérateurs, ainsi que les éleveurs, confrontés à l’obligation de vendre en perdant de l’argent.

Parmi eux, Romain Hérault. Associé à ses parents et son frère sur une exploitation de 250 ha de prairies à Marcenat (Cantal), à 1 050 m d’altitude, il possède un double troupeau de 90 vaches laitières et 80 allaitantes (60 salers et 20 aubracs). « J’ai vendu les cinq derniers broutards croisés salers-charolais de 420 kg le 15 octobre, à 2,32 € par kilo vif, contre 2,66 € l’an passé, raconte-t-il. Le décrochage des cours a été encore plus important pour les mâles salers purs, vendus en septembre entre 2,05 et 2,13 €/kg vif. Un comble pour une race élevée au cœur de son berceau. »

Le jeune éleveur ne cache pas sa colère et ses doutes : « Avec quatre sécheresses consécutives, des invasions de rats taupiers et des cours en baisse, c’est compliqué. Les annuités tombent et nos charges augmentent. En tenant compte de mon coût de revient, il faudrait que je vende mes broutards 1 400 € par tête. Cherchez l’erreur ! » La qualité morphologique et sanitaire des animaux est pourtant au rendez-vous. Les produits issus du croisement des aubracs avec un taureau piémontais ont été vendus entre 2,44 € et 2,74 €/kg vif. Une valorisation qui fait réfléchir l’éleveur quant au développement de cette production.

« Trouver des solutions à long terme »

Ses ventes de l’année ne satisfont pas non plus Alain Joncoux, qui élève 55 vaches salers inscrites à Saint-Hippolyte (Cantal, 1 000 m d’altitude). « J’ai vendu des broutards de 400 kg à 2,11 €/kg vif début octobre. Je n’ai pas fait de regain, il a fallu affourager à la montagne. Je n’ai pas la place de garder des broutards, alors que les vaches vont vêler en décembre », déplore l’éleveur.

Les départements de plaine n’échappent pas à la crise. Dans l’Allier, où les stocks fourragers sont très pénalisés par la sécheresse estivale, Jeunes Agriculteurs n’a pas suivi l’appel à retenir les broutards. « Nous devons trouver des solutions à long terme pour l’intégralité de la filière du bovin mâle français », affirme Cédric Fournier, président de JA 03.

Monique Roque-Marmeys

Marché au cadran de Mauriac

Entre le 12 octobre (561 bovins, dont 391 broutards) et le 19 octobre (641 bovins, dont 525 broutards), les cours sont difficilement reconduits en mâles lourds (400 kg), malgré la qualité. Les transactions sont plus fluides côté femelles, dont les cours sont également reconduits.

Votre analyse du marché - Bovins maigres

L’offre de broutards reste juste suffisante pour la demande

La modestie de l’offre continue à faciliter l’animation commerciale sur l’ensemble des marchés. Les ateliers d’engraissement se vident rapidement avec des mises en place qui ont été insuffisantes depuis un an.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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