« Le “s” est en trop. Les Esod ne sont pas des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, mais celles qui occasionnent des dégâts. » Christian Daniau, président de la chambre d’agriculture de la Charente, a une conscience aiguë des problèmes que posent, d’une part, les renards dans les poulaillers et parfois même dans les troupeaux de moutons et, d’autre part, les corbeaux freux, les corneilles noires ou encore les pigeons ramiers dans les cultures de tournesol, maïs, blé, orge, etc.

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Les espèces classées Esod varient d’un département à l’autre. Ce classement, auparavant décidé par les préfets, l’est aujourd’hui par le ministère de la Transition écologique, et ce à partir des données qui lui sont remontées du terrain par les agriculteurs, les chasseurs, mais aussi les protecteurs de l’environnement.

Un bilan étayé

Ainsi, le corbeau freux peut être Esod dans un département, mais pas chez ses voisins. À la différence des dégâts provoqués par le grand gibier, ceux de ces espèces ne donnent lieu à aucune forme de compensation ou de réparation, ce qui enlève souvent toute motivation pour les déclarer. En Charente, la chambre d’agriculture a me­né campagne pour mobiliser les exploitants afin de dresser un bilan étayé. Cinq cents déclarations lui sont parvenues­.

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« Les dégâts des Esod ont représenté plus de 1 million d’euros de pertes en Charente en 2021, relève Christian Daniau. Les sangliers, c’est 300 000 euros, et leurs dégâts sont indemnisés. » Le contexte géopolitique accroît son exaspération.

« Une parcelle détruite, c’est une perte pour l’agriculteur, mais aussi pour toute la filière, souligne-t-il. Il est important de le garder en tête alors qu’on parle de souveraineté alimentaire. »

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Myriam Guillemaud