Avec 4,3 % de surface agri­cole en bio en 2021, l’objectif régional des 7 % en 2025 semble difficile à atteindre. Comme au plan national, les filières longues, lait, œufs et fruits et légumes souffrent d’un manque de débouchés. Les laiteries ne collectent plus de nouveaux producteurs bio. Ainsi, 20 à 30 % des volumes de lait bio seraient même déclassés en conventionnel.

Idem dans la filière œufs. L’intégrateur Axéréal Élevage, par exemple, passe en « label rouge » des œufs bio. En céréales, après le doublement des surfaces bio en cinq ans, le rythme des conversions ralentit fortement. « Au 15 mai, il y aura peu de conversions en grandes cultures, souligne Marine Feret, conseillère à Bio Centre. On s’y attendait avec les incertitudes de la nouvelle Pac. L’augmentation du prix des céréales conventionnelles amplifie le mouvement. »

Filières courtes

Des filières s’en sortent mieux que d’autres. C’est le cas du maraîchage ou des fruits en filière courte. « Nous manquons de pommes bio locales, indique Christelle Chouin, coordinatrice arboriculture à Bio Centre. Nos vergers bio sont trop petits pour répondre à la demande des grossistes. »

C’est le cas du primeur demi-gros Estivin, à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) : « Avec la loi Egalim, les cuisines collectives sont à l’affût du bio local », précise Jean-Marc Ribeau, acheteur. Pour Emmanuel Bourgy, vice-président de Bio Centre, la filière bio ne traverse pas une crise, mais « un ajustement ».

L’heure est à la structuration des filières. Dans le Cher, à Saint-Florent-sur-Cher, ils sont une dizaine à produire des légumes secs. Dans le Loiret, un magasin de producteurs a vu le jour en 2021. Une plateforme régionale de livraison de produits bio est prévue pour 2022. Par ailleurs, un travail démarre avec l’industrie agroalimentaire pour transformer davantage de matières premières en région.

Aude Richard