Atmo Occitanie, l’observatoire régional de l’air, a présenté, le 10 mars, le résultat de sa dernière campagne de mesures de pesticides dans l’air ambiant, allant d’octobre 2019 à septembre 2020. L’association, qui réalise cette évaluation depuis 2014, disposait de cinq dispositifs de prélèvement pour rechercher 86 molécules chimiques. « Nous avons trouvé 11 fongicides, 7 insecticides et 9 herbicides, soit 13 molécules de moins qu’en 2018-2019 », souligne Dominique Tilak, directrice générale d’Atmo Occitanie.

Les plus rencontrés sont le fongicide Folpel et l’herbicide Pendimethaline. Le premier a été trouvé sur les cinq sites, et en grande quantité dans l’Aude et le Gard viticoles car il est utilisé contre le mildiou, le black rot et l’oïdium. Le second, employé pour lutter contre les adventices dans les céréales et les oléagineux ou au pied des vergers, était surtout présent dans le Tarn-et-Garonne. La troisième molécule quantifiée est le lindane, insecticide interdit depuis 1998 mais toujours rémanent sur l’ensemble du territoire.

Lié au climat

Si le nombre de molécules est en baisse, la concentration des traitements est en hausse dans l’Aude et, dans une moindre mesure, sur les autres sites. Dans le Lauragais, on note une utilisation, jamais égalée depuis 2013, d’herbicides au printemps et à l’automne, et un retour aux fongicides après une année 2018-2019 lors de laquelle ils n’avaient pas été utilisés. « Nous ne voulons pas pointer de coupables mais juste informer, commente prudemment Agnès Langevine, présidente d’Atmo Occitanie, en précisant que les résultats ont été présentés à la chambre régionale d’agriculture et à la Draaf. Ces usages sont liés à la météo. Le printemps tiède et humide de 2020 a généré champignons et adventices. Il est important de croiser nos mesures avec les données sur l’évolution des pratiques agricoles. »

Atmo a également quantifié dans la région 23 pesticides à caractère perturbateur endocrinien probable sur 70 recherchés. S’y ajouteront, en 2022, la surveillance du glyphosate depuis le Tarn et celle du cuivre et du soufre dans l’Aude. Florence Jacquemoud