« Avec l’augmentation du coût des engrais et de l’énergie, nous sommes impatients de mettre en service notre unité de méthanisation à Auros cet été, indiquent Jérôme Cantin et Benjamin Duffau, deux exploitants girondins impliqués dans le projet et qui gèrent, respectivement, 40 et 60 hectares.

 

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Gérer les effluents d’élevage

« Nous sommes concernés par la gestion des effluents d’élevage », explique Jérôme Cantin. Il se consacre à deux productions, des palmipèdes prêts à gaver et du maïs semences, tandis que Benjamin Duffau élève des poulets et des chapons.

 

Au départ, l’objectif était de répondre aux mises aux normes des exploitations. Sous l’impulsion du maire de Brannens, Yannick Duffau, le projet met cinq ans et demi à aboutir, avec l’appui d’associations environnementales.

15 000 tonnes de biomasse

Début 2017, l’association Brannens Agri Métha au Pays d’Auros est créée : elle portera la phase de préfiguration. En 2019, une SAS est constituée avec neuf agriculteurs. Le projet représente un investissement total de 6,3 millions d’euros. Il a reçu le soutien de l’Ademe et de la région Nouvelle-Aquitaine, avec des subventions de 350 000 € et 900 000 €.

 

Pour préparer la mise en service de l’unité, Jérôme Cantin et Benjamin Duffau se sont lancés dans la production de cultures intermédiaires à vocation énergétique. « Elles jouent un rôle de couvert végétal et nous permettront de sécuriser l’approvisionnement du méthaniseur », explique Benjamin Duffau.

 

L’unité assurera la conversion en biogaz de 15 000 tonnes de biomasse issues des exploitations proches et de trois entreprises locales de la filière fruits et légumes. En plus des neuf exploitants qui ont investi, quatre autres seront apporteurs de matière, dont deux fermes équestres.

 

Le gaz ainsi produit, équivalent de la consommation de 800 ménages, sera injecté dans le réseau de transport de Téréga. Un contrat de rachat a été conclu avec Gaz de Bordeaux. Le digestat retournera aux agriculteurs, qui s’en serviront en épandage. « D’ici à l’an prochain, cette unité devrait nous permettre de générer des économies et, à terme, de garantir la survie de nos exploitations, estime Jérôme Cantin. »

 

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Claude-Hélène Yvard