Bienvenue dans le Boischaut Sud, avec ses vallées touristiques… et ses éleveurs qui changent leurs pratiques et le font savoir. Thierry Le Nué fait partie de la quarantaine de producteurs qui participent au dispositif « Boischaut Sud en transition ». Installé à Gargilesse, il a fait évoluer son système il y a sept ans.

 

Les agriculteurs « garants du paysage »

« Avant, j’étais très intensif, aujourd’hui, beaucoup moins. Je n’achète plus aucun aliment », résume-t-il. Il cultive une dizaine de cultures sur 35 hectares et fait pâturer ses 42 limousines sur 45 ha. Pour lui, les agriculteurs sont les garants du paysage. « Nous devons vivre en osmose avec les habitants et les touristes, ne pas se tirer dans les pattes. »

 

Depuis 2008, botanistes et éleveurs travaillent ensemble sur la flore des prairies pour mettre en place des mesures agroenvironnementales (MAE). S’ensuit un groupe « prairie naturelle » ouvert à tous. Puis le territoire voit émerger plusieurs groupes :

  • Déphy pour diminuer les intrants,
  • « santé animale »,
  • 30 000 sur « la vie du sol »
  • GIEE sur « l’agriculture durable en Boischaut Sud » qui communique à destination du grand public.

Des croisements de point de vue

L’Adar-Civam anime tous ces groupes. « Notre association rassemble des ruraux, des élus locaux et des associations. Ce ne sont pas des groupes techniques. Le croisement des points de vue est essentiel », souligne Lucas Henner, animateur de l’Adar-Civam.

 

En 2020, cette association s’allie à la maison de la jeunesse de la Châtre (MJCS) et à S-Composition, une compagnie artistique. Ensemble, ils mettent en place la démarche « Boischaut Sud en transition » pour cartographier les initiatives.

« C’était tendu mais on est arrivé à se comprendre durant le repas »

Thierry le Nué, éleveur

Deux événements sont organisés pour faire connaître les changements de pratiques du monde agricole aux citoyens. Le premier se déroule en septembre 2021. Thierry n’a pas l’habitude de dialoguer avec le grand public, mais sou­haite témoigner. « C’était tendu mais on est arrivé à se comprendre durant le repas », témoigne-t-il.

 

Pour le deuxième rendez-vous en décembre 2021, l’éleveur prépare un discours avec un autre producteur. Le public est séduit. Seul regret de Thierry, qui porte également la casquette de président des groupements de dévelop­pement du Codar Boischaut Sud animé par la chambre d’agriculture de l’Indre, que les organismes agricoles ne soient pas unis dans cette démarche. « On serait plus costauds ! »