Après leurs confrères de Normandie, des éleveurs de quatre départements rhônalpins se mobilisaient le 3 février pour réclamer à Danone un prix du lait en phase avec leurs coûts de production. À la demande de l’organisation de producteurs (OP) Danone Sud-Est, la FRSEA et JA avaient appelé à manifester devant l’usine de Saint-Just-Chaleyssin (Isère). Selon l’OP, qui rassemble 270 producteurs d’Ardèche, Drôme, Isère et Loire, l’industriel ne prend pas en compte la réalité économique des fermes. « Votre laiterie est de mauvaise foi », a martelé Stéphane Joandel, responsable de la section laitière de la FRSEA, promettant d’être « derrière toutes les OP pour mettre la pression sur les industriels ». Une petite centaine de livreurs Danone (syndiqués ou non) s’étaient rassemblés, accompagnés d’élus FDSEA et JA. Une mobilisation sans slogan ni action choc, mais prise au sérieux. En témoignait la présence du directeur des achats laitiers pour la France lors de l’entrevue d’une heure et demie accordée à l’OP. En sortant, le président de l’OP, Jérémy Epalle, s’est voulu optimiste. Alors que les négociations patinaient depuis quatre mois, une date a été fixée au 9 février pour parvenir à un accord.

Visibilité et stabilité

Côté éleveurs, on réclame une prise en compte du coût de production de la moyenne de l’échantillon Cerfrance. « Danone se base sur celui des exploitations les plus performantes, ce qui ne reflète pas la réalité de nos fermes », explique Jérémy Epalle.

L’autre point d’achoppement concerne l’indexation du prix sur le mix-produit et sur le coût des matières premières. « On veut des prix plus stables et de la visibilité », dit-il. En contrepartie, l’OP ne s’opposerait pas à la stratégie de l’industriel, visant une alimentation des vaches 100 % française à l’horizon 2024. Mais sous conditions. « La prime proposée n’est pas à la hauteur, poursuit-il. On exige un observatoire pour mesurer les disponibilités en pro­téi­nes françaises et le surcoût induit pour les fermes. »B. Lafeuille