Installé sur 20 hectares à Corné, dans la vallée de l’Authion (Maine-et-Loire), Nicolas Oran a semé 4 hectares de carottes cette année. La plupart sont des hybrides, mais l’agriculteur a réservé un demi-hectare à la carotte nantaise de Grasseval. Une variété population qu’il produit et commercialise pour la première fois cette année, a-t-il expliqué lors de son lancement, le 23 novembre.

 

Nicolas Oran est le créateur de cette variété, à laquelle il a donné le nom du lieu-dit de l’exploitation. Pour la sélectionner, il s’est appuyé sur Bio Loire Océan. Basée à Châteauneuf-sur-Sarthe (Maine-et-Loire), cette association regroupe soixante-dix agriculteurs.

 

Depuis 2005, elle met en œuvre des programmes régionaux et européens centrés sur la sélection participative. « En quinze ans, nous avons travaillé sur une quinzaine d’espèces, mené une centaine d’essais et testé près de trois cents variétés », précise Cécile Morvan, sa coordinatrice.

Choisir des critères

Le travail collectif a permis d’améliorer certaines variétés à partir de collections privées. Ce fut notamment le cas pour le poireau brainois d’hiver, la tomate cerise noire du Layon ou la carotte violette de la Loire. Il a aussi mené à des créations. Dans le cas de la carotte nantaise de Grasseval, tout est parti du réseau national Carotte et autres Daucus.

 

Sur une centaine de variétés issues de ce conservatoire et mises en observation, Nicolas Oran et Camille Sourdin, sa compagne, en ont retenu quelques-unes, qu’ils ont croisées pendant plusieurs années avant d’obtenir ce qu’ils cherchaient.

 

«Nous avons d’abord travaillé sur la tenue aux champs, la conservation et le goût. Puis, nous avons resserré les critères, systématiquement refusé les collets verts, par exemple, et ajouté la capacité à faire des graines », précise l’exploitant. Il est ainsi parvenu à créer puis à multiplier et enfin à produire la carotte nantaise de Grasseval, orange, longue et lisse.