« Entre 23 heures et 4 heures du matin, 180 mm de pluie sont tombés », expliquent Michel Veschambre et son fils Simon, éleveurs laitiers à Cheylade, dans le Cantal. Au petit matin, le « spectacle » était choquant : les violentes précipitations et un glissement de terrain avaient transformé le ruisseau situé au flanc de la montagne qui surplombe le hameau en une vague charriant de la boue, des pierres, des arbres et du goudron arraché à la route.

Du matériel détruit

« Elle est arrivée droit sur la plateforme où se trouvaient des ballots d’enrubannage et du matériel. Les ballots ont été percés et déplacés. La boue a glissé en contrebas contre la stabulation, dont la porte a tenu bon malgré une hauteur de 70 cm d’eau. La pompe à vide du bloc traite et un moteur situés à l’extérieur n’ont pas résisté. »

 

Michel et Simon ont pompé 40 000 litres de boue avec leur pompe à lisier. Une entreprise a dû intervenir pour déblayer des monceaux de boue séchée et reniveler les abords. Les frais sont estimés à plus de 10 000 euros (5 000 euros pour le bloc traite et autant pour l’entreprise).

La sous-préfète de Saint-Flour et le service environnement de la DDT sont venus sur l’exploitation.

Assouplir la politique de l’eau

« Une politique de l’eau moins administrative et plus à l’écoute du savoir-faire des exploitants et des collectivités serait souhaitable à l’heure où les phénomènes climatiques violents se multiplient », estiment Michel et Simon.

 

Plus de 20 kilomètres de routes et de pistes ont aussi été endommagés dans la commune. Avec des frais estimés à près de 300 000 euros, le maire, Christophe Raynal, apprécie toutefois « la réactivité des services de l’État et la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle par un arrêté du 26 septembre 2021 ».

Monique Roque Marmeys