En 2021, 1 700 km de bandes de luzerne non fauchées ont été préservées dans le cadre du projet Apiluz, porté par l’association Symbiose (1). L’objectif est de pallier la disette alimentaire des pollinisateurs en juin et juillet. 560 hectares non fauchés sont concernés à l’échelle de huit départements : Aisne, Ardennes, Marne, Seine-et-Marne, Aube, Haute-Marne, Yonne et Val-de-Marne.

Lancé entre 2014 et 2016, Apiluz a, dans un premier temps, consisté à la mise en place de protocoles expérimentaux. Ceux-ci ont permis de déterminer les caractéristiques techniques du projet (largeur de la bande, emplacement dans la parcelle pour limiter le salissement…) et de vérifier son efficacité. Puis, le projet s’est déployé à plus grande échelle.

Intérêts convergents

« Sans l’argent sonnant et trébuchant des partenaires, dont Lidl, nous n’aurions pas pu réaliser ce que l’on a fait », a estimé Philippe Lecompte, apiculteur et président du Réseau biodiversité pour les abeilles (RBA), le 2 juillet, à l’occasion d’un point d’étape du projet à Mairy-sur-Marne (Marne). Apiluz a, en effet, compté plusieurs financeurs pour son déploiement : Lidl (114 000 € sur les 350 000 € du projet), les fondations Avril et Crédit agricole Nord-Est, la chambre d’agriculture de la Marne, Cérèsia, la Région Grand-Est, et les coopératives de luzerne (Luzeal, Sundeshy, Capdéa, Prodeva, Cristal Union, Tereos). Ce financement permet de compenser les pertes associées au maintien de ces bandes pour les agriculteurs (- 2 t/ha) et les usines de déshydratation (qualité affectée par la baisse du taux de protéine de la luzerne fleurie).

« Nous faisons la démonstration de la possibilité d’une politique d’intérêts convergents avec une approche économique de la biodiversité, a déclaré Philippe Lecompte. Mais nous sommes aussi à la recherche de financement sur le long terme. Les aménagements au profit de la biodiversité ont un coût et la question est : qui paye ? Nos impôts à travers la politique agricole commune ? Nos agriculteurs sur leurs revenus propres ? Au travers de signes de qualité, de la responsabilité sociétale des entreprises ? Vraisemblablement, on va se diriger vers un mix. Nous allons travailler à la période post-2021. » Hélène Parisot

(1) Créée en 2012, Symbiose fédère divers acteurs : agriculteurs, apiculteurs, chasseurs, naturalistes, administration…