La FDSEA du Rhône s’est mobilisée, lundi 22 février, à la suite de l’annonce de la mairie de Lyon d’imposer dans les cantines scolaires un menu unique sans viande. Une cinquantaine d’éleveurs sont venus en tracteurs, avec des vaches et chevreaux, défendre leur métier au cœur de la ville. « Pas d’idéologie dans nos assiettes », « Laissez-nous travailler », lisait-on sur les pancartes. Une miniferme avait été installée devant l’hôtel de ville et de la viande était proposée à la dégustation. « Trop, c’est trop ! », estiment la FDSEA et JA 69 dans un communiqué. Depuis le 22 février, et au moins jusqu’aux vacances de Pâques, les 29 000 écoliers lyonnais n’ont en effet plus de viande à la cantine. La mairie écologiste explique que le protocole sanitaire renforcé impose de simplifier le service pour le fluidifier. D’où l’impossibilité de proposer deux options : avec ou sans viande. Au vu des interdits alimentaires, le menu sans viande constitue « le plus petit dénominateur commun » permettant de servir un plat chaud équilibré à tous les enfants, justifie la mairie, qui veut « éviter de recourir à des solutions de pique-nique ». Des œufs ou du poisson et des produits laitiers seront servis.

Pratique ou idéologique

Reçue lundi à la mairie puis à la préfecture, la secrétaire générale de la FDSEA 69, Élise Michallet, a réclamé que soit examinée la légalité du menu unique, et sa conformité aux recommandations nutritionnelles. La Coordination rurale a dénoncé un « coup de poignard dans le dos ». La Confédération paysanne s’est dite vigilante. « Le principal enjeu est autour d’un approvisionnement local et paysan, pas de la viande, quelle que soit son origine », nuance son porte-parole local.

Le gouvernement a également réagi. « Insulte inacceptable faite aux agriculteurs », s’est offusqué Gérald Darmanin, qui dénonce une politique élitiste : « De nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande. » L’argument a été contredit par Réseau Action Climat, démontrant, d’après une étude du Crédoc, que la consommation de produits carnés est la plus forte dans les milieux ouvriers. Dénonçant l’« aberration nutritionnelle », le ministre de l’Agriculture a annoncé avoir « saisi le préfet du Rhône ». Une mesure identique avait été prise sous la mandature précédente (LREM), lors du déconfinement, sans susciter de réactions.

Bérengère Lafeuille