«Enzo est un garçon réservé. Mais, quand il monte sur scène, sa timidité disparaît. » Qui de mieux placé que sa maman, Anne, pour décrire ce jeune homme de 18 ans, aux traits du visage à peine sorti de l’enfance. Apparence trompeuse. Derrière les joues rondes et le regard bleu tendre, se cache un garçon d’une maturité impressionnante. Et une voix cristalline à donner des frissons.

Apprendre à gérer le stress

Après le lycée, la seconde vie de ce fils de maraîcher à Maillane, dans les Bouches-du-Rhône, c’est le chant qu’il pratique depuis qu’il est petit. C’est sa grand-mère qui lui en a donné le goût. Dans sa voiture, ils reprenaient ensemble les grands morceaux de la variété française. Les paroles en musique de Claude François, Joe Dassin, Johnny Hallyday, Charles Aznavour… fredonnent encore dans sa tête.

Christophe Willem et les Gipsy Kings

Grâce à ce répertoire pour le moins inattendu chez une personne de la génération « millennial », il a poussé la porte des écrans de télévision. À 9 ans, Enzo participe à l’École des fans nouvelle génération sur Gulli. Quatre ans plus tard, il concourt à l’émission Super Kids sur W9, où il termine quatrième ex aequo. À 15 ans, il est admis dans le célèbre show The Voice Kids. Le rappeur Soprano le choisit dans son équipe. À ses côtés, le candidat en herbe parviendra jusqu’aux quarts de finale. « Je dois beaucoup à mon professeur de chant Christian Siméon, explique-t-il. Et ma famille m’a toujours encouragé. »

« Cette expérience m’a offert des opportunités. »

La télé lui a également appris. « Je gère mieux mon stress et le contact avec le public est devenu plus facile. »

Dans la rue, les gens le reconnaissent. Enzo, désarmant de simplicité, s’en amuse. « Cette expérience m’a offert des opportunités, observe-t-il. Des artistes m’ont proposé de me produire en avant-première de leurs concerts. » Parmi eux, Christophe Willem, lauréat de la Nouvelle Star en 2006, Julie Zenatti ou encore les Gipsy Kings. Cet été, il devait partir en tournée, mais les dates ont été annulées à cause de la pandémie de Covid-19. En attendant, le jeune virtuose poste régulièrement ses prestations sur les réseaux sociaux. « Faire de sa passion son métier, il n’y a rien de mieux, confesse-t-il. Toutefois, la musique est un univers difficile. Aussi, je poursuis mes études. »

En terminale générale, il a choisi les sciences économiques et sociales, l’histoire et les mathématiques. Devenir agriculteur ? Il n’y songe pas pour le moment, mais il a prêté main-forte à ses parents pendant le confinement. Avec sa mère, il a lancé une activité de livraison de paniers de légumes à domicile. Le chanteur en a fait la promotion sur son compte Facebook, riche de 1 700 amis. Grâce à cette notoriété, les demandes ont afflué. « Nous avons réalisé 70 livraisons dès la première semaine ! », se souvient Anne. Cet été, son fils a été présent sur le marché des producteurs de Châteaurenard (13) tous les samedis. « Tous nos légumes sont cultivés en pleine terre, c’est notre spécialité, explique-t-il. Nous voulons apporter de la qualité aux consommateurs. » S’il n’a pas encore choisi sa voie, il a à cœur de transmettre ce qu’est le métier d’agriculteur.

Chantal Sarrazin