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Sur son deux-roues, il bouscule les codes

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Portrait - Sur son deux-roues, il bouscule les codes
Denis Laizé, agriculteur dans le Maine-et-Loire. © A. Mabire

Denis Laizé, agriculteur dans le Maine-et-Loire, est un adepte du vélo couché. Une pratique peu courante, dont les atouts ont séduit cet homme pragmatique.

Sur la route, entre deux champs de maïs semence, Denis Laizé file. Aussi à l’aise sur son vélo couché qu’un cycliste amateur sur une bicyclette classique. Pourtant, l’affaire n’est pas gagnée d’avance. Avec son siège allongé, ses pédales à l’horizontale et son guidon sous le siège, cette version de la petite reine déroute. « Cela revient à pédaler assis dans un transat, et ce n’est pas du tout inné ! Très peu de gens y arrivent du premier coup. Comme beaucoup, j’ai eu besoin d’un temps d’apprentissage », explique l’agriculteur de trente-sept ans.

Vélo de route et de ferme

Installé à La Bohalle, en Maine-et-Loire, où il cultive 120 hectares de céréales et de semences, Denis a découvert ce drôle d’engin au début des années 2000. « Grâce à des amis de mes parents qui s’étaient passionnés pour cette pratique, au point d’ouvrir une boutique dans la commune », raconte-t-il. Là, sur les bords de la Loire, ce pragmatique réfléchi « percute ».

« Le concept m’a plu, intrinsèquement, il présentait des avantages concrets réels. D’abord au niveau du confort : sur un vélo couché, on évite les douleurs de selle ou de dos. Son aérodynamisme est également meilleur. Puis, intellectuellement, cela bouscule et ça, j’aime bien », souligne ce passionné d’agroécologie, élu en juillet dernier à la présidence de la chambre départementale d’agriculture.

« Sur la route, il y a les curieux, les moqueurs… »

Du coup de cœur à l’achat, le producteur de semences prend son temps : « Je me suis décidé en 2005, quand un constructeur a lancé un modèle d’entrée de gamme à 1 000 euros. » Désormais, c’est sur un Fuenda, reconnaissable à sa couleur rouge, qu’on le verra rouler. Et Denis avale les kilomètres ! « À l’époque, je m’en servais pour tout et tout le temps : pour les balades, comme vélo de ferme et même pour aller au travail, puisque je n’habitais pas encore sur l’exploitation », raconte-t-il. Tout à son plaisir de pédaler, le cycliste doit apprendre à composer avec le regard des autres. « Il y a les curieux qui ralentissent et restent à votre hauteur pour mieux voir l’engin, ceux qui me croient handicapé et les moqueurs », confie Denis. Pas toujours facile à « encaisser », ceux-là.

Ces dernières années, le papa de deux jeunes enfants (cinq et sept ans) a ralenti l’usage du vélo couché : « Pour les sorties en famille et les cross, le VTT est plus adapté. » Pour autant, l’étincelle est toujours là. « Je sors moins, mais c’est toujours avec autant de plaisir et je ne suis pas prêt à m’arrêter », assure-t-il.

Anne Mabire

L’agronomie, sa passion

Chez Denis Laizé, l’agronomie et l’agroécologie sont des passions « et, finalement, presque un loisir ».

Cofondateur du réseau Base 49, en conversion au bio, l’agriculteur étudie ces questions avec pragmatisme. «Comme pour le vélo couché, il faut changer de paradigme, réapprendre beaucoup de choses, confie-t-il. Ça bouscule, mais à la clé, il y a de vrais avantages en termes de travail, charges, productivité et vie des sols. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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