« Si je n’ai rien à construire, il me manque quelque chose », confie Dominique Cali, cinquante-huit ans. L’homme est plus qu’un bricoleur. Sur son terrain en plein cœur de Brignoles, dans le Var, il a bâti lui-même leur maison, face aux serres où il cultive des légumes. Son épouse Magali vend à la ferme. Ils ont deux enfants et deux petits-enfants. Le père de famille a aussi construit une trentaine d’avions et d’hélicoptères en modèles réduits. Il ne garde pas tout, il vend pour acheter le suivant. Ce passionné a toujours sur son établi une maquette en cours de fabrication, ou de réparation. « On apprend en cassant beaucoup… », reconnaît-il volontiers.

Une assurance indispensable

Dominique débute dans l’aéromodélisme à l’âge de vingt-cinq ans, après avoir acheté dans une quincaillerie un plan, des morceaux de balsa, de l’entoilage, colle et peintures. Il s’y met le soir même et, en deux mois, crée son premier avion radiocommandé. Sur un chemin, il le fait décoller, prendre un virage, mais l’engin tombe et se brise. Il recommence seul, avant de décider d’aller à la rencontre de « ceux qui savent ».

« J’ai toujours relevé les yeux vers le ciel. »

Les aéromodélistes de Brignoles ont fondé leur club il y a cinquante ans. Ils se retrouvent sur des terrains privés, le dimanche matin, pour voler. À leurs côtés, Dominique apprend toute la finesse du pilotage, une vraie gymnastique cérébrale : « Il faut être patient et tenace, car il est difficile de synchroniser tous les mouvements et anticiper. Cela demande une grande concentration. » Entre deux vols, de huit à dix minutes, pas plus, les amis plaisantent et se détendent. Parfois, ils simulent un largage d’eau, ou un épandage aérien qui produit de la fumée au ras du sol. Ce loisir est pour lui une vraie soupape, un temps différent de celui passé en famille, aux cultures, en livraison ou aux marchés.

Pour corser son temps libre, Dominique se prend de passion pour les hélicoptères à moteurs à turbine : « Comme les vrais, ils font du bruit et sentent le kérosène ! » Ses maquettes d’Écureuil et d’Alouette ont 2 mètres d’envergure (échelle ¼) et déplacent l’air puissamment. « Cela peut être dangereux, si l’électronique ou une vis lâche, une pale risque de vous couper en deux », explique-t-il. Aussi, il est couvert par son adhésion à la Fédération française d’aéromodélisme (FFAM), qui lui procure l’assurance obligatoire pour piloter.

Celui qui a toujours relevé les yeux vers le ciel fait voler ses machines une trentaine de jours par an. Magali l’accompagne quand il participe à des symposiums, des rencontres entre aéromodélistes, à Cuges-les-Pins, Nice ou Montpellier. Il y a cinq ans, au cours d’un meeting aérien, Dominique s’est offert un baptême de l’air dans un hélico grandeur nature : « Nous avons survolé le lac de Carcès et je me suis régalé ! »

A. Valois