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Jérémy, pilote de rallye

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Portrait - Jérémy, pilote de rallye
Jérémy Turpin, producteur de Vouvray pétillant, se passionne pour le rallye automobile. © A. Richard

En Touraine, Jérémy Turpin concilie la production de Vouvray pétillant et sa passion, le rallye automobile. Un sport qui lui donne des frissons, mais qui demande une certaine trésorerie…

« J’aime la vitesse et le bruit. » En quelques mots, nous voici plongés dans l’univers de Jérémy Turpin. Entre deux vendanges, ce vigneron de vingt-sept ans, installé à Vernou-sur-Brenne, en Indre-et-Loire, roule les mécaniques. À bord de sa Peugeot 106, il parcourt la France à la vitesse des rallyes, au rythme des battements du moteur. 140 à 160 km/h sur des routes de campagne. Le pied tendu sur l’accélérateur, les roues crissent, la cylindrée s’affole.

Pour le plaisir plus que pour la gagne

Depuis sept ans, Jérémy s’adonne aux courses automobiles – groupe N classe 1 –, « avant tout pour le plaisir, pas pour la gagne », souligne-t-il avec son accent tourangeau. Amateur de mécanique, il a tout de suite accroché quand un de ses amis lui a proposé de « monter une voiture ». « On passe plus de temps à la préparer qu’à la conduire », dit-il. Le jeune homme construit une cage à l’intérieur de l’habitacle à l’aide de 44 mètres d’arceaux. Il change la puissance du moteur, adapte la boîte de vitesses et ressert les freins. Il ne lésine pas avec la sécurité : siège baquet, harnais, casque couplé à un système Hans (1) pour éviter le coup du lapin… « Nous faisons régulièrement des sorties de route ou des tonneaux. Mais nous sommes bien protégés », se rassure le vigneron, qui porte une combinaison ignifugée.

« Six mois en fauteuil roulant. »

Pourtant, en 2015, c’est l’accident. Entre deux spéciales (2), Jérémy parcourt un tronçon de route ouverte et percute un autre véhicule de plein fouet. Il est le plus touché et restera six mois en fauteuil roulant. « Ma mère ne voulait pas que j’y retourne. Mais dès que j’ai pu acheter une autre voiture, j’ai repris le volant. »

Cette année, avec la crise sanitaire et les courses annulées, le pilote a préféré bichonner son bolide, une nouvelle fois cassé. Mais cette passion coûte cher, entre 20 000 et 35 000 euros par an. Malheureusement, la commercialisation du vin a du plomb dans l’aile ces derniers temps, avec la baisse de la consommation et la fermeture des frontières. Alors Jérémy a pris la douloureuse décision de vendre ses 11 hectares de vigne et de devenir prestataire de travaux agricoles.

Pour l’instant, il regarde les rallyes en vidéo ou se déplace pour applaudir ses amis. Mais pour combien de temps ? Le casque et la combinaison flambant neufs ne vont sûrement pas le rester longtemps…

Aude Richard

(1) Head and neck support, « support de la tête et du cou », dispositif de sécurité utilisé dans les sports mécaniques automobiles en complément du casque.

(2) Épreuve chronométrée lors d’un rallye automobile.

La coupe de France des rallyes

Chaque année, quelque dix mille pilotes et copilotes participent à des rallyes. C’est la discipline la plus prisée des licenciés de la Fédération française de sport automobile (FFSA).

Les pilotes partent à une minute d’intervalle. Les meilleurs chronos marquent des points, qui permettent de participer à la finale de la Coupe de France des rallyes. Cet événement annuel, initialement prévu en octobre 2020, est reporté à 2021. Il se déroulera à Châteauroux, dans l’Indre.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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