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Les burons du Cantal partagent leur mémoire

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Gîtes ou restaurants - Les burons du Cantal partagent leur mémoire
Le buron de la Seppe, converti en gîte d’accueil par l’éleveur Denis Monteil, témoigne de la vie des buronniers du siècle dernier. © Monique Roque-Marmeys

Produisant du fromage ou reconvertis en gîtes et en restaurants d’altitude, les burons cantaliens racontent une histoire millénaire.

Déguster un généreux morceau de salers AOP, se régaler d’un repas typiquement cantalien (truffade incontournable !) ou séjourner dans un buron ouvert en gîte laisse des souvenirs ancrés dans la mémoire de tous ceux qui tentent l’aventure. Disséminés dans les montagnes cantaliennes tels des phares dans un océan de verdure, les premiers burons (dont le terme est issu du germain « bur » signifiant « hutte, cabane ») apparaissent au XVIIe siècle. Destinés à la fabrication d’un fromage pour conserver le lait produit par les vaches, ces premiers édifices de pierres sèches, dotés d’une voûte en encorbellement, évoluent dans leur architecture au fil des siècles. La fromagerie et la cave resteront les pièces maîtresses des burons, devenus de solides constructions de pierres et de lauzes nées de l’ingéniosité de leurs bâtisseurs.

Perpétuer l’histoire

Plus d’un millier de burons étaient en activité au début du XXe siècle. Une équipe de trois hommes, avec le vacher, « maître à bord du buron », le boutillier et le pastre, transformaient le lait des troupeaux de race salers (appelés « vacherie ») en majestueuses fourmes, de mai à octobre. Les années 1950-1960, marquées par un fort exode rural, une intensification et une modernisation de l’agriculture, condamneront l’activité fromagère dans les montagnes. Seuls quelques irréductibles partisans de ce système traditionnel résisteront par vent contraire. Leur histoire demeure aujourd’hui un pilier identitaire de l’agriculture du Cantal, berceau de la race salers et des deux fromages d’appellation d’origine protégée (AOP), salers et cantal.

L’intérieur, bien que moderne, n’est pas dénaturé, jusqu’à la porte menant à la cave voûtée. © Monique Roque Marmeys

Une transformation en gîte ou en restaurant permet de perpétuer leur histoire en ouvrant leur porte au public. Denis Monteil, éleveur au Monteil, a ainsi fait du buron de la Seppe, situé à 1 200 m d’altitude dans les montagnes de Collandres, un gîte inscrit « 3 épis » aux Gîtes de France, ouvert au public depuis juin 2007. Joliment restauré sans dénaturer « l’esprit des lieux », la bâtisse accueille des amoureux des grands espaces. Pour celui qui, enfant, montait tourner les fromages dans la cave du buron avec son grand-père, « maintenir cet endroit ouvert a été un défi relevé en mémoire des anciens buronniers. »

Monique Roque-Marmeys

Pratique

Y aller

La Route des burons du Cantal a été éditée en 2017 par l’Association de sauvegarde des burons du Cantal. Elle est vendue sous la forme d’une carte Michelin dans les offices de tourisme et au parc naturel régional des volcans d’Auvergne (3 €).

27 burons sont répertoriés.

Un musée

Les burons de Salers (ouvert d’avril à novembre).

Un livre

Burons du Cantal, Monique Roque et Alain Delteil, 2018.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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