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Au cœur des bayous de Louisiane

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La tête ailleurs - Au cœur des bayous de Louisiane
Le cyprès chauve est l’un des rares arbres à pouvoir vivre dans le milieu humide des marécages de Louisiane. © M. Coisne

Les étendues marécageuses du Mississippi offrent des paysages magiques, entre cyprès aux pieds dans l’eau, alligators et oiseaux.

Avant de finir sa course dans le golfe du Mexique, le Mississippi vient se perdre en Louisiane. Au fil du temps, le puissant fleuve a creusé plusieurs deltas, laissant des bras morts qui ont donné naissance à des marais reliés par une myriade de cours d’eau, les bayous. L’office du tourisme de l’État chiffre à 14 000 km le réseau navigable formé par les bayous et les rivières.

Leur écosystème est unique, marqué par des cyprès chauves, aux branches se balançant au gré du vent et recouvertes de mousse espagnole. Cette dernière capte dans l’air l’eau et les nutriments nécessaires à son développement. Certains marécages sont gigantesques, à l’image des 5 700 km² du bassin de l’Atchafalaya, traversé par l’Interstate 10, autoroute construite sur d’énormes pilotis de béton.

Les marais regorgent d’alligators. © M. Coisne

Dans les marais, l’atmosphère est changeante, vivante sous le soleil et mélancolique sous un ciel gris, dont l’eau reflète la couleur. À moins qu’une pluie drue et soudaine ne vienne brouiller les lignes d’horizon. Sous les frondaisons des cyprès, des nappes de lentilles d’eau semblent rendre le sol solide. Seul le clapotis de l’eau et le murmure du vent résonnent, entrecoupés du cri d’un oiseau, où le plongeon d’une tortue se prélassant sur un tronc, dérangée par une présence humaine.

Les bayous hébergent de nombreux alligators, un temps menacés de disparition, mais aujourd’hui protégés. Leur chasse est réglementée, avec un nombre de bagues fixé chaque saison. Barbe blanche et casquette vissée sur la tête, Norbert Leblanc est un ancien chasseur reconverti en guide sur le lac Martin. Il expose la méthode : un hameçon avec appât, avant de tirer entre les deux yeux. « La bête est parfois seulement assommée, attention à son réveil dans le bateau ! », sourit l’expert, dont le français est mâtiné d’un accent cajun. C’est un descendant d’Acadiens, arrivés en Louisiane au milieu du XVIIIe siècle, chassés du Canada par les Anglais.

Les alligators sont prisés pour leur cuir et des élevages ont essaimé dans les environs. Seul bémol, leur reproduction reste difficile en captivité. Elle est palliée par un ramassage encadré d’œufs dans la nature. Leur viande, rappelant celle du poulet, se déguste dans les restaurants du coin.

Marion Coisne

En pratique

Les bayous se parcourent en bateau, en canoë ou en airboat propulsé par une hélice aérienne à l’arrière, lui permettant de glisser sur l’eau et la végétation.

De nombreux guides proposent des tours dans les différents marais, y compris en français.

En canoë, il est possible de partir seul, muni d’une carte se référant à des balises sur les arbres.

Plus d’informations sur 

https://www.louisiane-tourisme.fr/

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Cet article est paru dans La France Agricole

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