Opération séduction. Tel était l’objectif de la délégation française accompagnant le président de la République en Chine du 4 au 6 novembre.

Lors de l’Exposition internationale des importations de Shanghai, le 5 novembre , le président chinois Xi Jinping « a pu procéder à une dégustation de produits français, ce qui a permis de mettre en avant les ambitions de nos filières d’export, en particulier de la filière de la viande bovine qui doit désormais pleinement tirer parti de la réouverture du marché chinois », souligne le ministère de l’Agriculture. Afin de garantir aux consommateurs chinois l’origine des viandes françaises, les interprofessions bovines (Interbev) et porcine (Inaporc) ont lancé un système de traçabilité « unique », reprenant « les exigences très élevées de traçabilité française sur le modèle « né, élevé et abattu en France ».

Alors que l’empire du Milieu se refusait jusqu’alors à toute inflexion sur le principe de régionalisation de la peste porcine africaine (PPA), permettant à un pays touché par le virus de continuer d’exporter à partir de ses zones indemnes, Emmanuel Macron et Xi Jinping ont engagé les autorités sanitaires des deux pays à « concrétiser courant 2020, un protocole sanitaire permettant l’application concrète du zonage », rapporte Inaporc. De plus, « 11 établissements du secteur porcin et 17 entrepôts frigorifiques » français ont été agréés par les autorités chinoises, assure le ministère de l’Agriculture.

Retour du foie gras

Concernant le commerce de la viande de volaille, Didier Guillaume et le ministre chinois des Douanes ont signé un « protocole élargi aux espèces autres que le poulet, y compris au foie gras ». Pour le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), « la Chine constitue un marché à très fort potentiel pour la filière : 10 M€ à court terme pour le seul foie gras et la possibilité de valoriser les autres produits de la filière à hauteur de 38 M€. »

V. Guyot et L. Pouchard