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« Un impact très fort sur le marché »

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« En 2019, les importations de viande bovine en France, principalement destinées au secteur de la RHD, représentaient 22 % de la consommation intérieure », note Philippe Chotteau. © J.-M. Nossant

Le confinement généralisé perturbe les échanges de viande bovine en Europe. Les réformes et les jeunes bovins laitiers sont les premiers à en faire les frais.

«Avec la restauration hors domicile à l’arrêt et les achats des ménages par à-coups, les opérateurs naviguent à vue », relève l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa note hebdomadaire, le 25 mars. Le contexte de crise lié au coronavirus cause des difficultés dans le secteur de la viande bovine. Alors que la consommation se tourne vers les enseignes de distribution et la boucherie artisanale, une partie des réformes laitières et des jeunes bovins laitiers pourraient manquer de débouchés. « À court terme, la mise en stocks sous forme congelée paraît être la seule alternative possible, a déclaré Philippe Chotteau, responsable du département de l’économie à l’Idele, lors d’une conférence en ligne organisée le 26 mars. Et d’expliquer : « Les contrôles aux frontières causent de forts ralentissements dans le trafic routier en provenance de l’Allemagne et de la Pologne. Les importations d’outre-Manche sont également touchées, en lien avec la baisse d’activité des ferries. »

La France « en situation intermédiaire »

En conséquence, les prix des réformes laitières marquent le pas. « Le cours de la vache O en Europe ne montrait pas d’évolutions particulières jusqu’en semaine 11 [du 9 au 15 mars] », a-t-il précisé. Mais la semaine 12 prend une autre tournure. « Si la cotation française ne s’est pas dépréciée, la référence allemande a chuté de 13 centimes. La Pologne, qui exporte 85 % de sa production, est aussi très touchée. Le cours de la vache O y chute de 16 centimes, tandis que celui du JB laitier O se dégrade de 23 centimes. » L’Irlande, l’un des premiers pays fournisseurs de l’enseigne McDonald’s en Europe, subit également cette crise de plein fouet.

« La France, en comparaison à ses pays voisins, est bien placée pour alimenter le marché italien, a indiqué l’expert. Les abattages de JB de type viande sont en hausse de 6 % en semaine 11 et de 15 % en semaine 12, contre 1 % en moyenne pour les huit premières semaines de l’année. » En effet, alors que les flux de viandes polonaises et irlandaises vers l’Italie sont stoppés, les productions de JB et de génisses français se renforcent, « à l’exclusion des déhanchés d’une partie des animaux dont l’écoulement reste problématique », précise la note de conjoncture de l’Idele.

En broutards, la demande s’est jusqu’ici maintenue, alors que l’offre est limitée. « Les sorties de bovins mâles et femelles de quatre à seize mois sont estimées en dessous des volumes exportés en 2018-2019 », estime Philippe Chotteau.

Lucie Pouchard

Sursaut des ventes en grandes surfaces

« D’après l’indicateur IRi, les achats de produits de grande distribution frais en GMS et e-commerce ont augmenté de 41 % par rapport à 2019. Pour les semaines 9 à 11, ceux de produits frais non laitiers [dont les viandes] ont progressé de 12 % », relate l’Idele. « La Fédération du commerce et de la distribution ainsi que la Fédération du commerce associé prévoient une hausse de leur chiffre d’affaires de 15 à 20 % dans les semaines à venir », ajoute Philippe Chotteau.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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