La Fédération nationale bovine a dépeint un bilan de l’année 2019 morose pour les éleveurs, lors d’une conférence de presse le 15 janvier à Paris. Face à l’accélération du phénomène de décapitalisation du cheptel et du déficit de renouvellement des générations en élevage allaitant, le syndicat décrète « l’état d’urgence ».

Malgré les ambitions des États généraux de l’alimentation, les résultats escomptés ne sont pas atteints. « La cotation moyenne, toutes catégories confondues en races à viande, en entrée abattoir est de 3,60 €/kg, dont 3,45 €/kg payés au producteur quand ses coûts de production sont à hauteur de 4,89 €/kg en moyenne », estime Bruno Dufayet, président de la FNB.

Pour lutter contre le prix abusivement bas, « toutes les cartes sont dans les mains des OP. Encore faut-il qu’elles sachent s’organiser et se parler », reprend-il. En effet, les OP ont la possibilité de renforcer leur poids dans les négociations commerciales depuis l’adoption du règlement européen dit « Omnibus », en 2018.

« Parmi les causes de décapitalisation, l’aspect économique prend une place croissante. Faute de perspectives, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à déposer le bilan », déplore Bruno Dufayet. Dans la logique de création de valeur sur l’ensemble de la chaîne voulue par le plan de filière, « nous espérons la mise en place d’une réflexion lors du congrès de la FNB afin que les OP affirment leur position face aux réseaux de distribution ».

Incohérences politiques

Le président du syndicat n’a pas manqué de relever les « fortes incohérences politiques » que suscitent les accords de libre-échange (Ceta, Mercosur…). « Les pouvoirs publics sont dans le déni complet des conséquences dramatiques de ces traités pour les producteurs français. »

Lucie Pouchard