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Déséquilibre des marchés européens

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À l’occasion des Marchés mondiaux 2020, animés par l’Idele, les acteurs européens de la filière dressent un premier bilan des dégâts du Covid-19 et se préparent à l’après-crise.

Si la vie semble doucement reprendre son cours, avec notamment la réouverture progressive des restaurants dès le 2 juin, les séquelles du passage du coronavirus risquent d’être durables pour la filière bovin viande. Deux opérateurs, italien et espagnol, conviés par l’Institut de l’Élevage (Idele) lors d’une visioconférence, le 28 mai, témoignent de l’impact de la crise sur leurs productions respectives.

Baisse du pouvoir d’achat

Tout comme en France, la fermeture de la restauration hors domicile (RHD) en Italie durant le confinement a engendré une baisse de la consommation des pièces nobles. « Entre février et avril 2020, les ventes de déhanchées ont chuté de 38 % en valeur, rapporte Daniele Bonfante, responsable au sein de la coopérative Azove en Vénétie. Les peaux perdent, quant à elles, 53 % en valeur, en raison de l’arrêt des tanneries. À moyen terme, la baisse du pouvoir d’achat des ménages pourrait causer une diminution de la consommation de viande bovine et favoriser les viandes importées, aux prix plus attractifs. De même, la crise risque de fragiliser les élevages et abattoirs les moins compétitifs. »

En Espagne, « les engraisseurs ont freiné de 10 % les entrées des bovins durant la crise sanitaire, note Matilde Moro, directrice d’Asoprovac, l’association des producteurs espagnols de viande bovine. L’activité d’abattage a baissé d’environ 10 % pendant la même période, tandis que les prix pour les catégories U, R et O ont chuté de 5 %. Malgré tout, les exportations de viande fraîche et congelée vers les pays tiers ont augmenté de 35 % en volume entre janvier et avril 2020. »

Opportunités à l’export

Bien que les économies confinées ralentissent les flux vers les pays tiers, un fort potentiel s’ouvre pour les grands exportateurs du Vieux Continent, notamment en bovins vifs. « Ce commerce est en croissance régulière depuis 2012 », rapporte Germain Milet, économiste à l’Idele. L’Espagne en est un exemple éloquent. Avec une progression de ses envois à hauteur de 120 % hors Union européenne en sept ans, elle s’impose leader sur le marché. Au Moyen-Orient, le fort recul des envois australiens laisse place aux productions européennes. « Le partage du remplissage des bateaux entre ovins et bovins pourrait faciliter les négociations commerciales et sanitaires », affirme l’expert. En Asie centrale, le développement des filières laitières constitue un autre potentiel à creuser.

Lucie Pouchard

Zoom sur le bloc sud-américain

« Bien que la situation sanitaire se complique au Brésil, perçu comme le nouveau foyer de la pandémie, ses exportations de viande bovine suivent un rythme soutenu de janvier à avril 2020 (+ 4 % en volume). Plus de la moitié des envois alimente le marché chinois, qui semble avoir maintenu ses commandes malgré le confinement. L’Argentine voit progresser ses expéditions de 16 % pour les trois premiers mois 2020, tandis que l’Uruguay est à la peine », observe Baptiste Buczinski, de l’Idele.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Commerce contrasté

Si les échanges sont calmes concernant les femelles allaitantes, ils sont plus fluides s’agissant des vaches laitières de réforme.
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Cet article est paru dans La France Agricole

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