À l’heure où nous imprimions le journal, la Fédération nationale bovine (FNB) et les Jeunes Agriculteurs s’apprêtaient à manifester dans les magasins Carrefour. « C’est une action symbolique pour montrer le dysfonctionnement du système, nous expliquait Jean-Pierre Fleury, président de la FNB, à la veille de la manifestation. Alors que les éleveurs sont à genoux, nous avons un devoir d’explication de l’entreprise de destruction massive engagée par la grande distribution avec le relais des abatteurs. »

Cotations biaisées

Selon la FNB, l’enseigne n’a que faire des coûts de production engagés par le maillon de l’élevage. « Carrefour use de relations commerciales du passé, dénonce Jean-Pierre Fleury. Il persiste dans un discours d’augmentation de la production et d’économie d’échelle. Ce modèle économique est dépassé. » Les plus-values accordées pour les filières qualité ? « Elles sont bâties sur un château de sable », tempête Jean-Pierre Fleury, avant de dénoncer un système dégressif pour les catégories de qualité supérieure. Ce mode de cotation chiffonne aussi le syndicat, qui milite pour que le cœur de gamme bénéficie d’une revalorisation. « En viticulture, le prix des appellations est-il basé sur celui du vin de table ?, demande Jean-Pierre Fleury. Non ! Alors pourquoi le cours des vaches allaitantes devrait-il dépendre de celui des laitières ? »

Hélène Chaligne