Obtenir un prix minimum à hauteur de leurs coûts de production pendant la crise du Covid-19, telle était la demande formulée à deux reprises par la FNB, à l’attention du ministre de l’Agriculture les 29 mars et 15 avril derniers. Ces appels se sont soldés par un refus du locataire de la rue de Varenne. Dans un courrier de réponse adressé au syndicat le 16 avril, Didier Guillaume avance qu’une telle mesure « pourrait se révéler, in fine, contre-productive en favorisant la viande importée au détriment de la production nationale ». Lors d’une audition devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le même jour, le ministre de l’Agriculture estime que l’État ne peut pas fixer un prix minimum aux éleveurs. « Un prix garanti par un marché équilibré, pourquoi pas, mais un prix d’intervention où l’argent public viendrait durablement entériner le déséquilibre, je pense que ce n’est pas une bonne mesure », appuie-t-il.

L’appel à retenir les animaux reconduit

« Quel ministre de l’Agriculture peut accepter avec tant de passivité, durant la période actuelle, que les éleveurs vendent leurs animaux à un prix encore plus bas, alors que celui-ci stagnait déjà depuis des années bien en dessous de leur coût de production ? », tempête la FNB, dans un communiqué publié le 20 avril. Le « prix payé au producteur, contrairement au prix payé par le consommateur, a enregistré une nouvelle baisse la semaine dernière et se situe désormais 1,33 € en dessous du coût de production des éleveurs dans la catégorie des vaches de races à viande », souligne le syndicat. Devant « l’inaction » du ministre, « la FNB prend ses responsabilités en amplifiant son appel aux éleveurs à maintenir leurs animaux en ferme, en dépit des conséquences économiques que cela engendrera pour leurs exploitations, déjà à bout de souffle », déclare son président, Bruno Dufayet.

Lucie Pouchard