Répondre aux attentes sociétales sur les questions animales et environnementales sans malmener les filières, le tout en déboursant le moins possible de deniers publics. Tel est le défi gouvernemental posé dans le titre 2 du projet de loi alimentation. Bilan après son adoption en première lecture par les députés, le 30 mai dernier : un texte touffu, quelques mesures à moindre coût ainsi qu’une grande déception du côté des défenseurs de l’environnement.

Mesures symboliques

Du côté agricole, Confédération paysanne mise à part, la profession a poussé un « ouf  ! » de soulagement en voyant rejetée l’interdiction du glyphosate (lire article en page 18).

De même pour le bannissement des poules pondeuses en cage, finalement limité aux installations à venir malgré les pressions animalistes. Reste l’adoption d’autres mesures symboliques, comme la séparation de la vente et du conseil pour les produits phytos, décriée par le syndicalisme majoritaire, l’extension de l’interdiction des néonicotinoïdes, ou encore un étiquetage sur les modes de production pour 2023. Quant au projet de fond d’indemnisation pour les victimes des phytos, plus coûteux pour l’État, il ne verra pas le jour. À moins d’une ruade du Sénat…

Alain Cardinaux