Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Un milliard d’euros en soutien aux sinistrés

réservé aux abonnés

 - -->
Le gel aurait touché 10 % des colzas selon la Fop. Les producteurs assurés bénéficieront du soutien exceptionnel de l’État pour une meilleure indemnisation. © Stéphane Leitenberger

L’État a annoncé débloquer un milliard d’euros pour soulager les trésoreries impactées par les gelées.

Le Premier ministre l’avait promis : « À situation exceptionnelle, me­sure exceptionnelle. » En visite dans un vignoble de l’Hérault, le 17 avril, celui-ci a précisé que l’État débloquerait une enveloppe d’un milliard d’euros en soutien aux producteurs sinistrés par le gel. Si le syndicat majoritaire « salue la mobilisation rapide et forte du gouvernement », il n’en rappelle pas moins que les premières pertes sont estimées à 3 milliards d’euros.

De 120 à 200 M€ de pertes en colza

Selon la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (Fop), le gel aurait touché 10 % des colzas, causant une perte de 120 à 200 millions d’euros (M€). « Les parcelles détruites sont celles fragilisées par des pressions d’insectes, rapporte Gilles Robillard, administrateur de la Fop, rappelant le manque de moyens de protection de la culture. Côté betteraves, la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB) table sur 50 000 ha touchés. Selon les régions, 50 à 80 % des surfaces devront être ressemées. « Il y aura assez de semences, mais moins de choix », a assuré la CGB.

Des aides d’urgence

Plusieurs aides d’urgence vont être rapidement déployées : année blanche pour les cotisations sociales, dégrèvement de la taxe sur le foncier non-bâti (TFNB), accès aux dispositifs d’activité partielle et au prêt garanti par l’emploi (PGE). Les 100 millions de budget du plan de relance consacrés aux investissements de protection des cultures contre les aléas climatiques vont être doublés. Matignon a aussi fait savoir qu’une enveloppe d’urgence serait allouée aux préfets pour soutenir immédiatement les exploitations les plus touchées. Les régions Occitanie, Paca et Auvergne-Rhône-Alpes ont aussi annoncé débloquer 23 M€ pour soutenir leurs producteurs. L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) a fait savoir que son réseau consulaire déployait des cellules de crises et des numéros spécifiques pour accompagner les producteurs via un suivi agronomique et administratif. Pour les arboriculteurs dont les pertes de récolte relèvent du régime des calamités agricoles, le taux d’indemnisation (habituellement entre 20 et 35 % selon le pourcentage de pertes) a été relevé à 40 % sur l’ensemble du territoire.

Fonds de solidarité

Les filières touchées et exclues du régime des calamités agricoles (viticulture et grandes cultures) pourront bénéficier d’un fonds de solidarité exceptionnel de l’État. Les agriculteurs assurés bénéficieront aussi du soutien de l’État pour être mieux indemnisés. Des avances forfaitaires basées sur la perte de chiffre d’affaires pourront être accordées. Les discussions entre les filières et Julien Denormandie se sont poursuivies lundi. « Nous allons travailler par groupe thématique à partir de la fin de semaine pour ajuster les curseurs et modalités d’accès à ces mesures. Le ministère doit aussi déterminer quelles sont les marges de manœuvre sur le plafond des aides de minimis », a indiqué Stéphanie Prat, directrice de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF).

« Le régime des calamités agricoles n’est pas adapté à la production maraîchère, a rappelé Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France. Nous avons besoin d’un système assurantiel approprié. En maraîchage, seules 10 à 15 % des surfaces sont assurées, à cause du coût que cela représente. » Légumes de France a aussi demandé au ministre une enveloppe de 15 M€ pour aider les producteurs à investir dans les abris froids et serres.

A. Gambarini et J. Papin

Risque climatique : bientôt des propositions

Pour le ministre de l’Agriculture, l’heure est aussi à la réforme. « Le risque climatique n’est plus assurable par des assureurs », a-t-il déclaré sur LCP, le 12 avril. Julien Denormandie s’est ensuite expliqué : « Il faut inventer un nouveau modèle fondé sur une solidarité nationale et pas uniquement aux mains des agriculteurs. […] Le changement climatique est de la responsabilité de nous tous. » Pour cela, le ministre mise sur une enveloppe de l’État et sur l’aide budgétaire des assureurs. Jean Castex a confié que les premières propositions concrètes sur la réforme des outils de gestion des risques devaient bientôt lui être formulées.

Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Forte hausse du colza sur Euronext

Les prix du colza étaient en hausse ce jeudi 2 décembre 2021 en fin d’après-midi sur le marché européen, l’oléagineux consolidant sa reprise après des chutes spectaculaires, dans le sillage du pétrole.
Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités


Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !