Dérogation sur dérogation ! L’introduction de jeunes poulettes « non bio » dans les élevages de poules pondeuses bio était autorisée « à titre exceptionnel » jusqu’au 31 décembre 2018. Par un règlement européen du 22 octobre, cette autorisation est prolongée de deux ans. Idem pour l’utilisation d’un maximum de 5 % d’aliments protéiques non bio pour les porcins et les volailles, prolongée jusqu’au 31 décembre 2020.

Des dérogations nécessaires, puisque « l’approvisionnement du marché de l’Union en aliments protéiques biologiques n’est pas suffisant, à la fois en termes qualitatifs et quantitatifs, pour répondre aux besoins nutritionnels des porcins et des volailles élevés dans des exploitations biologiques », d’après Bruxelles, qui fait le même constat sur le manque de poulettes élevées selon le cahier des charges bio.

Déficit structurel

Initialement, le règlement européen de 2007 sur l’agriculture biologique prévoyait des dérogations jusqu’en 2011 pour ces deux cas particuliers. La fin de ces dernières a été successivement reportée au 31 décembre 2014, 2017, 2018 et désormais 2020… Une situation qui en dit long sur la difficulté des filières bio à se structurer en amont pour répondre au marché.

Bérengère Lafeuille