Élise Lucet est loin de faire l’unanimité, mais elle sait créer le débat. Pour sa nouvelle enquête sur l’agriculture, la journaliste a choisi de s’intéresser au secteur semencier. Dégradation des apports nutritionnels des légumes, appropriation du vivant par les industriels et travail des enfants : une fois de plus, Cash Investigation est allé loin. Trop même, au goût de certains.

Difficile, cependant, d’intimider l’industrie semencière. Limagrain a ainsi démenti en bloc les accusations de l’émission. Pointée du doigt concernant le travail des enfants chez ses prestataires indiens et la commercialisation de semences non-inscrites, l’entreprise précise même avoir donné « tous ces éléments factuels à Cash Investigation avant la diffusion du reportage », et regrette qu’ils n’aient pas été utilisés.

Lassitude

L’interprofession des semences, le Gnis, a expliqué pour sa part s’être préparée à la « tonalité polémique » de l’émission. Et en guise de réponse à Élise Lucet, elle a renvoyé sobrement vers une foire aux questions de son site officiel.

Sur la twittosphère agricole, dès le lendemain de la diffusion, on a pu lire de nouveaux appels à réviser la grille des programmes des chaînes publiques. Certains, comme David Forge ou Thibault Fiolet, ont même offert aux internautes divers chiffres pour tenter d’éteindre le feu polémique allumé par Élise Lucet.

Mais côté télespectacteurs, l’émission ne semble pas avoir tellement séduit. Malgré les auto-félicitations de France 2 sur les réseaux sociaux, avec 12,1 % de part d’audience, la performance ne serait pas exceptionnelle pour l’émission par rapport aux saisons précédentes.

Alors qui a été convaincu ? Plus que le grand public, ce sont les médias généralistes et les politiques qui ont été les spectateurs les plus enthousiastes. Le Monde, La Croix, ou encore Le Figaro se sont fait l’écho des messages de Cash, tout comme Manon Aubry, députée européenne de la France Insoumise.

I.L