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Sortie de crise  : des relations toujours tendues dans la filière lait

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« Redonner du pouvoir aux producteurs de lait », demande la FNPL. © C. THIRIET

Alors que les prix des commodités remontent, celui du lait peine à repartir à la hausse en France. Les industriels pointent la distribution. Et les éleveurs en ont assez d’être la variable d’ajustement.

«Il n’y a pas eu de crise », a lancé la semaine dernière Olivier Picot, le président de la Fédération nationale des industries laitières privées (Fnil). Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Cette année, le taux de restructuration des exploitations laitières sera de 6 à 7 %, contre 4 à 5 %  habituellement », fait valoir Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Depuis deux ans, la crise est dans nos exploitations. Et depuis ce printemps, même le commissaire européen Phil Hogan reconnaît la crise », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse le 13 décembre.

Au risque de s‘exposer avec cette provocation, Olivier Picot rejette le terme de « crise » au sens strict. Les industriels ne nient pas la situation délicate des derniers mois, mais préfèrent le terme de « bas de cycle », car « il n’y a rien de nouveau en termes de structuration des cycles », explique Olivier Picot. En clair, une situation qui n’est dorénavant pas exceptionnelle, au vu de la volatilité. « Nous ne voulons pas faire de misérabilisme, mais la seule variable d’ajustement ne peut être le producteur », dénonce Thierry Roquefeuil.

Espoir dans la Loi sapin

La mise en application de la loi Sapin 2, à partir du 1er janvier 2007, doit aboutir à davantage de transparence. Elle vise un rééquilibrage du pouvoir au sein de la filière, en particulier avec la mise en œuvre d’un accord-cadre pour les négociations entre éleveurs et laiteries.

Du côté de l’aval, les industriels s’inquiètent « de ne pouvoir répercuter la hausse récente du cours des commodités (le beurre et le fromage) à la distribution. » Ainsi, avec cette loi, ils auront dorénavant le devoir d’insérer un prix prévisionnel du lait dans leurs contrats avec la grande distribution.

Marylou Bressand
Pas de crise pour l’industrie

En regardant de plus près les résultats des entreprises, on comprend mieux la déclaration du président de la Fnil. Résultat net en hausse de 19 % au 1er semestre 2016 pour le groupe Bel, et de 13 % pour Danone, par rapport au semestre précédent, selon la FNPL. Pour Lactalis, les données ne sont pas disponibles car ses comptes ne sont pas publiés. Avec la loi Sapin 2, Lactalis ne pourra plus y échapper.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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