L’alerte avait été donnée dès la mi-avril, face à l’évolution rapide du virus dans les parcelles de betteraves : l’invasion sans précédent de pucerons vecteurs de la jaunisse entraînera un manque à gagner de 100 M€ pour les betteraviers, estime la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB). « La situation est hors contrôle, a indiqué Franck Sander, président de la CGB, le 8 juillet. À date, les prévisions de rendements se situent à moins de 80 tonnes à 16°S par hectare, niveau le plus bas depuis quinze ans (87 t/ha en moyenne sur cinq ans). »

Le syndicat pointe du doigt l’interdiction des néonicotinoïdes en 2018, remplacés par le flonicamide et le spirotetramate, des traitements alternatifs inefficaces face à l’ampleur de l’invasion. La CGB craint un « découragement » des betteraviers et une baisse drastique des surfaces en 2021. Elle réclame une solution efficace de protection des betteraves, l’indemnisation des planteurs et un soutien renforcé­ à la recherche contre la jaunisse. Interrogé au Sénat, le ministre de l’Agriculture a indiqué que sa « détermination est totale pour trouver une solution ».

J. Papin