Le constat est alarmant. Si le confinement joue en faveur des produits dits de première nécessité, les ventes de fromages traditionnels sont en berne.

Les producteurs sont appelés à contenir les livraisons, jusqu’à 20 % en Savoie, mais ceci ne suffira pas à éviter les excédents. « Une partie du lait est réorientée vers le circuit conventionnel ou Spot, passé de 300 € les 1 000 litres à moins de 150 € en quelques semaines », déplore Michel Lacoste, président du Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol), le 16 avril. La filière s’organise, mais le manque de réactivité des autorités agace.

En quête de soutien

Le 30 mars, le Cnaol a proposé au ministère de l’Agriculture un plan de sauvetage en trois étapes : le déblocage de fonds d’urgence, la compensation du manque à gagner des producteurs après crise (sur le prix et les volumes) et la reconquête des marchés sur le long terme. Pour le premier volet, une enveloppe est demandée « pour contrebalancer la commercialisation des produits sur des circuits moins rémunérateurs, comme les Ehpad, les hôpitaux et les associations, appuie Michel Lacoste. Il faut à tout prix éviter de jeter le lait, transformé ou non. » Les fromages de chèvre à pâte molle ou pâte pressée non cuite sont les plus vulnérables, du fait de leur faible durée de conservation.

Au 21 avril, aucune réponse n’a été apportée. « Il est incompréhensible de voir les contraintes administratives couper court au bon sens paysan. »

A. Courty