Emmanuel Macron et Didier Guillaume accueillaient à l’Élysée, le 11 février, les cinq syndicats agricoles pour évoquer les sujets chauds du moment : retraites, installations, négociations commerciales, glyphosate ou encore ZNT.

Réforme des retraites

« Le Président n’est pas assez ouvert sur le sujet, estime Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à la sortie de l’entretien. Nous souhaitons qu’il écoute davantage ses parlementaires. » Le syndicat reproche au gouvernement de laisser les retraités actuels sur le banc de touche. Un sentiment partagé par Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (CR), qui demande « au moins un geste pour les retraites des femmes, souvent les plus faibles ». Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la CR, complète : « Ce serait logique que les agriculteurs puissent faire valoir leurs droits à la retraite plus tôt au regard de la pénibilité. » Une insatisfaction partagée par le Modef, qui réclame une revalorisation du montant des pensions.

Renouveler les générations

JA a demandé, au sujet de l’installation-transmission, une concertation pour juin 2020. Le syndicat porte un dispositif d’accompagnement des cédants avec des outils fiscaux pour favoriser la transmission vers la jeune génération. Cette concertation permettra d’engager la réforme du dispositif à l’installation et d’entamer une campagne de communication, tout public, autour des métiers de l’agriculture.

Inquiétude sur la viande bovine

Les syndicats ont fait part de leurs craintes vis-à-vis de la mise en application de la loi Egalim, notamment pour la filière allaitante. « Le Président a reconnu le défaut de cette filière et admet qu’il faudra un peu plus d’interventions de l’État », explique Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne. Thomas Pierre, président du Modef, dénonce l’effet des conditions de marchés, et non de la loi, sur les filières porcine et laitière.

Machine arrière sur le glyphosate

« Si le produit permet effectivement de réduire l’utilisation d’autres pesticides, d’améliorer la vie du sol, alors Emmanuel Macron serait prêt à revenir sur son interdiction. C’est un véritable virage à 380° », explique Samuel Vandaele, président de Jeunes Agriculteurs.

Du temps pour les ZNT

« Le gouvernement doit expliquer aux citoyens que nous avons besoin de temps pour opérer les changements », indique Christiane Lambert. Une proposition pour laquelle le chef de l’État s’est montré ouvert, selon Samuel Vandaele. Cependant, aucune réponse n’a été donnée à la question des compensations pour les agriculteurs. Selon Nicolas Girod de la Confédération paysanne : « Le Président avait l’air d’accord sur le fait que les ZNT ne sont pas un outil efficace pour sortir des pesticides, mais une réponse technique à un élément juridique. »

Alessandra Gambarini