La réforme des retraites maintiendra « un haut niveau de solidarité » permettant de « garantir un niveau de pension satisfaisant à celles et ceux qui auront travaillé toute leur vie avec de petits revenus », a affirmé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le 11 mars. Le futur système « universel », dans lequel « un euro cotisé vaut les mêmes droits » pour tous, doit se concrétiser dans un projet de loi attendu après les élections européennes. « Cette réforme ne concerne pas les retraités actuels, met en garde André Tissot, de la Confédération paysanne. Dès maintenant, nous demandons que les pensions agricoles soient alignées sur l’Aspa (Allocation de solidarité aux personnes âgées), également appelée "minimum vieillesse". Soit à 868 € par mois en 2019 et 900 € en 2020. Ceux qui ont travaillé et cotisé réclament une retraite digne, pas une aide sociale. » Réunis en congrès le 6 mars à Paris, les anciens exploitants de la FNSEA (SNAE) ont, eux aussi, réclamé la revalorisation des pensions à 85 % du Smic. Un coup de pouce à 350 millions d’euros par an. « Le gouvernement a su trouver 10 milliards d’euros pour calmer les gilets jaunes », argumente Jacques Dufrechou, président de la SNAE.

A. Cœuru