«Une première étape a été franchie pour améliorer les petites pensions agricoles et nous en sommes satisfaits. Mais nous avons d’autres revendications, pour parfaire la situation de nombreuses femmes qui ont travaillé dans les fermes sans statut, a déclaré Roger Treneule, président de l’Anraf (Association nationale des retraités agricoles de France), qui réunit 20 000 adhérents. Avec une délégation de retraités du monde agricole, il a pu échanger avec Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé des retraites, lors d’une table ronde organisée dans une propriété viticole à Bergerac, en Dordogne, le 10 février.

La veille, la MSA avait versé des revalorisations à certains conjoints et aides familiaux, avec leurs pensions du mois de janvier. Ce coup de pouce, issu de la loi du 17 décembre 2021 adoptée à l’initiative du député André Chassaigne, représente en moyenne 70 euros de plus par mois et concerne plus de 200 000 retraités dont une majorité de femmes. « Les versements ont bien eu lieu », ont confirmé plusieurs participants à cette rencontre, mais certains assurés ne peuvent pas y prétendre. « Durant vingt-deux ans, j’ai été aide familiale puis conjointe d’exploitant, ce qui me donne droit à 188 euros pour cette période-là, témoigne ainsi une retraitée. Ensuite, j’ai travaillé dans la fonction publique hospitalière. Je touche au total 1 020 euros. Comme je dépasse le plafond de 916 euros, je suis exclue de l’augmentation de ma pension agricole. »

Parité pour les femmes

Roger Treneule reconnaît les efforts consentis par le gouvernement au cours de la dernière année, néanmoins prévient : « Nos deux futurs combats sont d’obtenir un minimum de retraite à la hauteur du Smic net et une revalorisation pour les femmes pour atteindre l’égalité avec les chefs d’exploitation. »

L’Anraf va interpeller les candidats à l’élection présidentielle sur ces deux principales revendications.

Cl.-H. Yvard