Les déceptions s’enchaînent pour les retraités agricoles avec les propos du ministre de l’Agriculture. Première douche froide, le 23 janvier, à l’occasion de ses vœux à la presse, Didier Guillaume exclut que les pensions des anciens agriculteurs soient revalorisées dans le cadre de l’actuelle réforme des retraites : « Ce n’est pas dans le budget pour 2020. »

Le 28 janvier, il semble vouloir faciliter l’accès à l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa ou minimum vieillesse) et déclare à l’Assemblée nationale : « Nous souhaitons que chaque agriculteur puisse demander l’Aspa. […] Les agriculteurs hésitent à y recourir, mais nous avons fait en sorte que le versement de l’Aspa n’ait pas de conséquence sur leur patrimoine. »

Rien de neuf en réalité, le ministre faisant référence à la réglementation actuelle qui prévoit l’exclusion du capital d’exploitation agricole et des bâtiments indissociables. Selon la MSA, il n’y a pas d’autre assouplissement prévu à ce stade pour cette aide sociale et le patrimoine personnel reste donc toujours récupérable sur succession au-delà de 39 000 euros

Les députés à la manœuvre

L’espoir viendra-t-il du débat parlementaire sur la réforme des retraites ? Il a commencé le 3 février avec l’examen de plus de 22 000 amendements par la commission spéciale de l’Assemblée. Parmi eux, ceux de la majorité ont plus de chances d’être adoptés et certains pourraient changer des arbitrages de l’exécutif. Des députés de La République en marche (LREM) veulent ainsi débattre de la pension de retraite minimum. S’alarmant du fait que 7,6 % des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, un texte demande au gouvernement un rapport d’information pour chiffrer le relèvement de leur pension. Plusieurs députés proposent, par ailleurs, de revaloriser l’allocation de solidarité aux personnes âgées.

Aurore Cœuru