Le projet de loi « Climat et résilience » a été examiné en première lecture par les députés le 17 avril. L’article 62, qui prévoit la mise en place d’une redevance sur les engrais azotés minéraux, dès lors que les objectifs annuels de réduction des émissions de protoxyde d’azote et d’ammoniac ne seraient pas atteints, a vivement été débattu à l’Assemblée nationale.

« Vous n’appuyez pas sur la gâchette », mais « vous mettez la cartouche dans le barillet », au risque « d’achever la filière », a lancé le LR Julien Dive (Aisne). La « taxe, c’est vraiment du dog­matisme », a abondé le LREM Jean-Baptiste Moreau (Creuse), plaidant en vain pour la suppression de cet article. « Il n’est jamais dit qu’on met en place une redevance, il est dit qu’on respecte les engagements qu’on a pris à l’international, c’est bien normal, bon Dieu ! », a rétorqué le ministre de l’Agriculture Julien Denor­mandie, en haussant le ton. Les écologistes s’indignent de l’absence de « portée normative » et d’une redevance simplement « envisagée ». Chez LREM, l’agricultrice bio Sandrine Le Feur a également plaidé sans succès pour la mettre en place dès 2022 et retourner ses recettes aux paysans afin de les « aider à se passer » de tels engrais.

H. P. avec l’AFP