Des centaines d’agriculteurs bio sont descendus dans la rue le 8 novembre, en Bretagne et région Grand Est, pour réclamer « cohérence et clarté » dans le soutien à l’agriculture biologique. Déjà fragilisés par l’instabilité des politiques régionales, ils dénoncent le désengagement de plusieurs Régions concernant l’aide au maintien, après que l’État a annoncé qu’il ne la cofinancerait plus dès 2018.

Mystérieux PSE

Incompréhensible pour le grand public affamé de bio, ce désengagement a aussi fait réagir les députés. La commission des finances a adopté, le 9 novembre, un amendement prolongeant l’aide au maintien jusqu’en 2019, avec cependant une dégressivité sur quatre ans. L’amendement doit encore être voté par l’Assemblée en séance. Mais que sa fin soit pour 2017 ou 2019, l’avenir doit être préparé.

Comment soutenir la bio sur le long terme… autrement ? Les services environnementaux rendus par la bio sont reconnus par les pouvoirs publics. Mais le paiement de ces services (PSE) en tant que tels n’est pas pour demain ! Nul n’a de détails sur l’enveloppe dédiée de 200 M€ promise par Emmanuel Macron. Un sous-groupe de l’atelier 14 des États généraux a prévu de se réunir le 23 novembre pour aborder le sujet, évacué de l’ordre du jour de la dernière réunion d’atelier. Mais aucun travail officiel n’est lancé. Pour le ministère, le débat sur les PSE doit aussi avoir lieu au niveau européen. En attendant, il travaille sur un lot de consolation : un « crédit d’impôt bio amélioré ».

B. Lafeuille