L’agriculture bio a le vent en poupe mais a besoin de soutiens, ont rappelé les professionnels de la filière, en colloque à Paris le 8 février. Les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants y étaient conviés à rivaliser de propositions.

Jean-Luc Mélenchon ne veut « pas d’agriculture duale » mais un modèle unique « écologique et paysan ». De la protection des marchés à la transformation des Safer, en passant par l’autonomie des territoires, il vise une mutation radicale qui créerait 300 000 emplois. Et du bio dans toute la restauration collective avant la fin du quinquennat ! Ce qui reste modeste face à Yannick Jadot et sa « France zéro pesticide »… Certes à plus long terme.

Débat national

Benoît Hamon prône aussi un mouvement global. S’inspirant du débat sur la transition énergétique, il programmerait un débat national débouchant sur une loi de transition agricole et alimentaire. Il a déjà des idées : interdire les pesticides les plus nocifs, favoriser la bio et l’agroécologie dans l’attribution du foncier et des aides à l’investissement…

Avec le Front national, exit la Pac, place à une politique agricole française. Et pourquoi pas une fiscalité favorisant les exploitations bio et une TVA à 0 % sur les produits bio ?

Chez Emmanuel Macron, les exploitations agricoles sont traitées comme les autres entreprises (allègement de charges, droit au chômage pour tous…), sans rien de spécifique sur la bio. Mais celle-ci aurait sa part de la petite enveloppe de 200 M€ dédiée au paiement de services rendus par l’agriculture à l’environnement.

Enfin, pas de révolution avec François Fillon. Il avait dépêché l’ancien président des chambres d’agriculture, Guy Vasseur, pour répéter qu’il ne faut « pas opposer les types d’agriculture ».

Bérengère Lafeuille