Les transactions sur le marché foncier ont atteint leur plus haut niveau depuis 2001, en nombre d’hectares. Pour la Fédération nationale des Safer (FnSafer), qui présentait le 31 mai son analyse annuelle des marchés fonciers, cette intense activité ne traduit pas forcément une bonne santé économique du secteur agricole.

D’ailleurs, pour la première fois depuis 1996, le prix moyen national des terres et prés libres a baissé de 0,8 % par rapport à 2016. Ce repli s’explique par la faiblesse des revenus agricoles et par l’abondance de l’offre, malheureusement alimentée par un certain nombre de cessations d’activité anticipées. « En élevage laitier notamment, on observe des difficultés à vendre des exploitations, à cause du différentiel entre la valeur et la rentabilité de l’outil », s’inquiète Emmanuel Hyest, président de la FnSafer. Si le prix des terres se maintient en zones d’élevage, c’est surtout grâce aux acquisitions de prairies retournables par des exploitations céréalières voisines.

Un placement attractif

Le prix des terres louées reste en hausse, à 4 690 €/ha (+ 3 %). Selon la FnSafer, les prix des biens loués, parfois négociés à l’avance entre un fermier et son propriétaire, sont moins réactifs à l’évolution des revenus. Autre explication : ce marché est soutenu par les achats d’investisseurs non-agriculteurs, qui confortent leur présence. Malgré une baisse du rendement locatif, qui s’établit à 2,85 %, ce placement reste plus lucratif qu’un livret A, un PEL ou une assurance-vie.

Bérengère Lafeuille