Qui accepterait de manger des nuggets de faux poulet, vendus à « un prix similaire au poulet haut de gamme » ? Singapour en fait le pari. Les autorités sanitaires du pays viennent d’autoriser à la vente des produits obtenus à partir de cellules souches animales, annonce la start-up américaine Eat just, à l’origine de ce faux poulet : son porte-parole parle d’« une avancée pour l’industrie alimentaire mondiale », dans un communiqué du 2 décembre.

Pays sans terre

Singapour, pays sans terre, importe déjà 95 % de son alimentation pour parvenir à nourrir ses 5,2 millions d’habitants. Ses principaux fournisseurs sont la Malaisie, la France et l’Indonésie. Pour se rendre moins dépendant, le pays fait ainsi le choix du cellulaire « local », comme « une option très écologique ».

Pour mieux faire passer la pilule auprès des consommateurs, c’est sous la forme d’ingrédients « dans des quantités prévues » que l’alien sera dans un premier temps autorisé au sein de « vrais » nuggets, précise Eat just. Pas de faux-semblants sur le coût en revanche, à la hauteur du prix d’un poulet vendu dans « un restaurant chic », assure son fabricant, qui espère le faire descendre dans les années à venir.

En France, les réactions ne se sont pas fait attendre : « La viande vient du vivant, pas des laboratoires, s’est exclamé le ministre de l’Agriculture, le 2 décembre, sur Twitter. Comptez sur moi pour qu’en France, la viande reste naturelle et jamais artificielle. »

Ce sur quoi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a rebondi : « Tout à fait d’accord, Julien Denormandie. Alors signez vite le décret sur les dénominations des produits à base de protéines végétales pour donner corps à la loi adoptée le 27 mai 2020 en accord avec Agnès Runacher (alors secrétaire d’État déléguée auprès du ministre de l’Économie, N.D.L.R.). Et stoppez les fake news sur les viandes, les vraies viandes. »

Rosanne Aries