«Le ministère de l’Agriculture a prononcé l’interdiction de la castration à vif à partir du 1er janvier 2022, et non l’obligation de castrer avec la prise en charge de la douleur. Nous allons donc nous battre sur ce terrain-là », lance Jean-Jacques Riou, président de l’association « Pour le bien-être animal porcin et la non-castration des porcs », lors d’une conférence de presse le 1er juin à Lampaul-Guimiliau (Finistère).

Courrier au ministre de l’Agriculture

Alors qu’une instruction ministérielle doit fixer les modalités de la prise en charge de la douleur par les éleveurs, l’association appelle les producteurs de porcs, quel que soit leur groupement, à solliciter Julien Denormandie, par une lettre qu’elle a elle-même préparée. Elle souhaite que l’instruction « ne se limite pas à la description des méthodes de gestion de la douleur ». Pour Jean-Jacques Riou, l’acte doit uniquement se faire « dans le cadre d’accords entre producteurs, groupements et abatteurs, sous la responsabilité des vétérinaires ». Mais son association doit faire face aux réticences de l’aval. « Les abattoirs ne veulent pas supporter le risque des carcasses odorantes, bien qu’il soit faible », rapporte-t-il. Son collectif craint que les éleveurs soient « contraints à continuer de castrer, sans compensation des surcoûts ».

Or, ces derniers sont estimés à « 8 euros en raison de moindres performances techniques des mâles castrés (consommation d’aliment, valeur de la carcasse et rotation en bâtiment), auxquels il faut ajouter 1 à 2 euros pour l’anesthésie, soit 10 euros au total », chiffre Jean-Jacques Riou. « L’enjeu est énorme, cela représente davantage que la rémunération moyenne des éleveurs sur les dix dernières années », souligne Jean-Loup Le Gal, membre de l’association.

Vincent Guyot