La nouvelle a sonné comme un coup de tonnerre. Le 10 septembre, Julia Klöckner, la ministre allemande de l’Agriculture, a annoncé la contamination d’un sanglier par la peste porcine africaine (PPA), retrouvé dans l’est du pays, dans les environs de la ville de Schenkendöbern, à quelques kilomètres de la frontière polonaise. D’après l’organisation mondiale de la santé animale, il s’agit d’une carcasse de laie en décomposition.

Chute des prix

Dès le lendemain de cette annonce, le cours du porc allemand « a été revu exceptionnellement », accusant une chute vertigineuse de 20 centimes par kilo, rapporte le Marché du porc breton (MPB). Par la même occasion, il donne un coup d’arrêt à la progression du prix de base français depuis la mi-août (lire aussi p. 8).

Car l’apparition de la PPA sur son territoire retire à l’Allemagne son statut indemne du virus. Le pays risque ainsi de perdre des marchés à l’exportation en dehors de l’Union européenne. Le Japon, la Chine, et la Corée du Sud ont d’ores et déjà annoncé la suspension de leurs importations de porc allemand. Or, l’Allemagne est le second pays européen exportateur de viande porcine vers les pays tiers, à hauteur de 609 000 tonnes sur le premier semestre 2020. C’est également le troisième fournisseur mondial de la Chine avec 380 000 t sur la même période.

En conséquence, d’importants volumes pourraient encombrer le marché européen. Dans ce contexte, FRSEA et JA de Bretagne craignent que l’aval de la filière se détourne du porc français pour préférer l’origine allemande. Dans un communiqué publié le 11 septembre, les syndicats visent en particulier les industriels de la salaisonnerie, estimant que « s’approvisionner en viande allemande, dans le seul intérêt d’augmenter leurs marges, serait dévastateur pour la filière française, qui risque de ne pas s’en relever ». Ils promettent l’organisation régulière de vérifications de l’origine dans les magasins.

Vincent Guyot