«Il n’y aura pas une seule solution qui s’appliquerait à toute l’agriculture française dans les trois ans », a déclaré Philippe Mauguin, PDG de l’Inra, auditionné au Sénat à l’occasion d’une table ronde sur les produits phytosanitaires. Il résume l’expertise conduite par l’Institut sur les usages et alternatives au glyphosate : « On a pu montrer qu’il y avait des alternatives existantes dans un certain nombre de cas, mais des impasses aussi. »

15 % sans alternative

Selon lui, les situations d’impasses techniques totales représentent 15 % des volumes de glyphosate consommés en France : dans ces cas, la seule option restante est le désherbage manuel. S’il cite les cas de la viticulture en terrasse, des cultures légumières et de semences, la principale concernée reste l’agriculture de conservation des sols. Un séminaire de travail, avec plus de 180 agriculteurs et chercheurs, s’est récemment tenu sur la suppression de la molécule dans ce système de production. « Nous serons amenés à revenir vers les pouvoirs publics pour, probablement, faire des propositions », a-t-il assuré.

L’Anses fait actuellement l’objet de saisines gouvernementales portant notamment sur la réévaluation du glyphosate.

Roger Genet, directeur général de l’Anses, a confirmé la position de l’Agence : « Nous avons suffisamment d’arguments pour lever l’incertitude et estimer que le caractère cancérigène probable, qui a été avancé par le CIRC, n’est pas fondé. »

Il ajoute, cependant, que la problématique est également liée à la quantité utilisée, importante dans le cas du glyphosate. « Nous ne sommes pas en mesure de garantir, à très long terme, l’innocuité de l’accumulation des métabolites dans les milieux. »

Hélène Parisot