Après le Parlement européen, le Conseil des ministres de l’UE a approuvé le 22 mai le nouveau règlement bio européen, permettant son entrée en vigueur le premier janvier 2021. Les divergences de vues entre les États membres ont abouti à un texte proche du statu quo, tant les dérogations restent nombreuses. Un peu déçue malgré « de belles victoires reportées », comme l’autorisation des semences populations, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) rappelle toutefois que tout n’est pas joué. La Commission européenne va en effet préciser les règles de production, transformation, importation et contrôle des produits biologiques au travers d’une série d’actes délégués, qui seront rédigés d’ici à mi-2020.

Pour la Fnab, c’est l’occasion de renforcer certains cahiers des charges, face au risque d’industrialisation de la bio. « En Italie, des élevages de poules pondeuses à 150 000 places voient le jour. En France, on compte déjà des élevages bio à 24 000 poules », s’inquiète-t-elle. Elle réclame une limitation de la taille des élevages de volailles « pour garantir l’accès effectif des poules au plein air ainsi que le respect du lien au sol, principe clé de l’autonomie de nos fermes ».

Bérengère Lafeuille